La Suède veut peser davantage sur la diplomatie mondiale

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STOCKHOLM, 8 octobre (Reuters) - En décidant de reconnaître un Etat palestinien, le nouveau gouvernement suédois a mis en pratique sa volonté d'infléchir une politique étrangère alignée ces dernières années sur l'Union européenne et proche de Washington et de peser davantage sur les affaires du monde. La décision en elle-même n'est pas une surprise - la reconnaissance de la Palestine figurait dans le programme des sociaux-démocrates pour les élections du mois dernier. En revanche, son annonce par le nouveau Premier ministre Stefan Löfven dès son discours de politique générale, vendredi dernier, a surpris par sa rapidité. "Nous espérons que cela donnera un nouvel élan aux discussions liées à la situation au Moyen-Orient", a expliqué à Reuters la nouvelle ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström. Au-delà du processus de paix israélo-palestinien, l'alternance politique, après huit ans de gouvernement de droite sous la houlette de Fredrick Reinfeldt, devrait se faire ressentir sur plusieurs fronts diplomatiques. Lors de la campagne, Stefan Löfven avait regretté que la diplomatie suédoise soit devenue "trop passive". "Un nouveau rôle pour la Suède dans le monde !", a twitté Margot Wallström après son annonce de vendredi sur l'Etat palestinien. A Reuters, la ministre a précisé que Stockholm serait un partenaire moins enthousiaste de l'Otan - la Suède ne fait pas partie de l'Alliance atlantique mais a adhéré en 1994 à son programme de Partenariat pour la paix et participe aux missions militaires au Kosovo et en Afghanistan - et que sa diplomatie se focaliserait sur le désarmement et les droits des femmes. "Dans les domaines pour lesquels vous allez voir une différence nette, nous allons mettre davantage l'accent sur l'Onu, notamment sur les questions de désarmement", dit-elle. Margot Wallström, ancienne commissaire européenne et ex-représentante du secrétaire général des Nations unies sur les violences sexuelles dans les conflits armés, ajoute: "Ce sera aussi une politique étrangère féministe, ce qui veut dire que la perspective des femmes, de la paix et de la sécurité sera présente dans toutes nos actions." Aux critiques de Washington, qui a jugé prématurée l'annonce sur l'Etat palestinien, la ministre rétorque qu'"il n'appartient pas aux Etats-Unis de décider de notre politique étrangère". La politique européenne de Stockholm pourrait aussi bouger. Sous le gouvernement Reinfeldt, le ministre des Finances, Anders Borg, était un avocat de la discipline budgétaire. Magdalena Andersson, qui lui succède, veut pour sa part moins d'austérité en Europe et estime qu'il faut taxer davantage les riches et les entreprises pour lutter contre les inégalités. "Ce sera une politique étrangère plus indépendante, moins alignée sur l'Union européenne ou Washington. La Suède va gagner en visibilité", prévient Ulf Bjereld, professeur de sciences politiques à l'université de Göteborg. (Alistair Scrutton et Johan Sennero; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • margot99 le mercredi 8 oct 2014 à 10:36

    La reconnaissance de la Palestine est un Droit, dire que c'est prématuré est un crime contre les Palestiniens. la reconnaissance d'israel est elle prématurée elle aussi??? alors pourquoi 2 poids 2 mesures? pour jouer le jeux des va-t-en guerre israeliens soutenus par les usa????