La succession engagée chez BMW et Volkswagen

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DÉPART INATTENDU DU PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE BMW NORBERT REITHOFER
DÉPART INATTENDU DU PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE BMW NORBERT REITHOFER

par Edward Taylor et Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - BMW a annoncé mardi de manière inattendue que le président de son directoire Norbert Reithofer allait se retirer avec un an d'avance, dès mai 2015, pour transmettre les rênes du groupe bavarois à l'actuel directeur de la production, Harald Krüger, âgé de 49 ans.

L'annonce surprise de ce renouvellement à la tête du constructeur automobile allemand intervient quelques heures seulement après l'officialisation du départ d'un autre responsable de BMW chez le concurrent Volkswagen.

Jusqu'alors directeur recherche et développement de BMW, Herbert Diess a été nommé au directoire de Volkswagen où il remplacera en octobre 2015 Martin Winterkorn à la tête de la marque VW. Cela propulse cet ingénieur au rang de candidat évident à la succession de Martin Winterkorn en tant que président du directoire du premier constructeur automobile européen lorsque le mandat de ce dernier, qui cumule les deux fonctions, prendra fin en 2016.

A 56 ans, Herbert Diess n'a certainement pas obtenu de BMW l'assurance qu'il succéderait à Norbert Reithofer, dont le mandat devait lui aussi expirer en 2016, et son départ pour Volkswagen a apparemment contraint BMW à accélérer l'annonce de son propre plan de succession, a dit une source du secteur à Reuters.

Les investisseurs réclament de longue date des éclaircissements de la part de ces deux grands constructeurs allemands quant à leurs futures directions.

Martin Winterkorn, âgé de 67 ans, dirige Volkswagen depuis 2007 tandis que Norbert Reithofer, 58 ans, est à la tête de BMW depuis 2006.

CHOIX CONSERVATEUR

BMW a précisé que Norbert Reithofer glisserait à la présidence du conseil de surveillance, où il devrait continuer à influer sur les destinées du constructeur bavarois, qu'il a rejoint il y a plus d'un quart de siècle.

Comme lui, Harald Krüger vient de la partie production et il est perçu comme un choix conservateur pour BMW, qui s'efforce de concilier les contraintes réglementaires en matière de réduction de la pollution et les exigences de sa clientèle avide de véhicules toujours plus performants.

"Malgré son jeune âge, il est chez BMW depuis plus de 20 ans, il a une bonne vue d'ensemble de l'entreprise et il semble être le choix approprié pour relever les défis à venir de l'efficacité en carburant et de la numérisation", juge Frank Schwope, analyste chez NordLB à Hanovre.

Volkswagen est pour sa part confronté à la faiblesse relative de la marge opérationnelle de sa marque principale, qui s'est seulement améliorée pour la première fois en près de deux ans au troisième trimestre. Le constructeur a annoncé en juillet un plan de réduction de ses coûts de cinq milliards d'euros par an à partir de 2017.

"Diess est très respecté et bien connu pour son style de management franc et direct, qui va permettre d'améliorer les performances de la marque VW pour la rapprocher de son objectif de marge de 6%", souligne Arndt Ellinghorst, du cabinet de recherches Evercore ISI.

(Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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