La succession de Cameron s'organise, Johnson fait débat

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    par Elizabeth Piper et Kylie MacLellan 
    LONDRES, 28 juin (Reuters) - Le futur Premier ministre 
britannique, à qui David Cameron a annoncé qu'il laisserait le 
soin de concrétiser la décision des électeurs sur le Brexit, 
sera désigné dès septembre, a annoncé lundi le Parti 
conservateur. 
    "Nous recommandons que le processus d'élection d'un nouveau 
dirigeant du Parti conservateur puisse commencer la semaine 
prochaine (...) et se conclure au plus tard le vendredi 2 
septembre", a expliqué Graham Brady, président de la "commission 
1922" chargée d'organiser le succession de David Cameron. Le 
Premier ministre, au pouvoir depuis 2010, a annoncé au lendemain 
du référendum son intention de démissionner. 
    "Aussi bien les Conservateurs que le pays, plus 
généralement, veulent vraiment des certitudes. Nous 
souhaiterions une solution et nous pensons que ce serait une 
bonne chose de conclure ce processus aussi vite que possible en 
pratique", a déclaré Brady sur Sky News. 
    Il ne devrait pas y avoir de nouvelles élections 
législatives avant que la Grande-Bretagne ne négocie les 
conditions de sa sortie du bloc européen, a-t-il ajouté. 
    La bataille pour la succession a commencé jusque parmi les 
proches de Cameron, et ce dernier a appelé ses ministres à 
travailler ensemble en attendant la nomination. 
    Plusieurs députés conservateurs ont exhorté les candidats à 
s'accorder rapidement sur un nom, et à limiter la campagne sur 
la succession afin d'éviter d'accentuer des divisions déjà très 
marquées pendant la campagne pour le référendum. "A l'heure 
actuelle, une primaire n'est pas dans l'intérêt de notre pays", 
a dit la ministre du Développement international Justine 
Greening. 
    Ancien maire de Londres et chef de file du camp du Brexit, 
Boris Johnson est le plus en vue dans les paris pour succéder à 
Cameron, mais il soulève une forte opposition au sein des 
Tories. Partisans d'un "Tout sauf Boris", certains cadres 
estiment que sa décision de soutenir la sortie du Royaume-Uni de 
l'UE a constitué une trahison à l'encontre de son ancien allié 
David Cameron, simplement motivée par ses vues sur le 10 Downing 
Street. 
    Un sondage YouGov paru lundi le donne également devancé par 
la ministre de l'Intérieur, Theresa May, parmi l'électorat 
conservateur. 
     
    LES CANDIDATS EN PLACE 
    Un temps pressenti, le ministre des Finances George Osborne 
a annoncé lui qu'il n'était pas candidat. Dans une tribune à 
paraître dans The Times, le chancelier de l'Echiquier, qui a 
fait campagne pour le "Remain" (maintien dans l'UE), souligne 
qu'il n'est pas l'homme de la situation pour ramener de l'unité 
dans les rangs du Parti conservateur.   
    En revanche, Stephen Crabb, ministre du Travail et des 
Retraites, envisage lui de se porter candidat, a rapporté lundi 
Sky News citant des sources non identifiées. Il devait sonder 
dans la soirée les parlementaires conservateurs avec l'aide de 
son collègue du Commerce, Sajid Javid, qui a milité comme lui 
pour le maintien au sein de l'Union européenne et briguerait les 
Finances, précise la chaîne.   
    Le ministre de la Santé, Jeremy Hunt, est lui aussi 
susceptible de briguer la succession, rapporte lundi soir sur 
Twitter l'éditeur politique du magazine du Spectator. Dans une 
lettre ouverte que publie le Daily Telegraph, il estime qu'un 
deuxième référendum pourrait avoir lieu si Bruxelles autorise la 
Grande-Bretagne à contrôler totalement ses frontières. 
  
    Interrogé sur la possibilité d'un second référendum, Cameron 
a dit que le résultat du vote de jeudi devait être accepté. 
    Un de ses porte-parole a en outre annoncé qu'il ne 
soutiendrait aucun candidat en particulier. 
    Cameron met au contraire l'accent sur la nécessité d'unir le 
gouvernement comme le pays, et a annoncé qu'il avait créé un 
corps indépendant composé de fonctionnaires chargés de 
conseiller la Grande-Bretagne dans sa transition vers un futur 
hors de l'UE. 
    "Il s'agit clairement de la tâche la plus grande et la plus 
complexe que la fonction publique britannique aura à 
entreprendre depuis des décennies. C'est pourquoi cette nouvelle 
unité siégera au coeur du gouvernement et sera dirigée et 
pourvue par les meilleurs et les plus brillants fonctionnaires 
de toute notre fonction publique", a-t-il dit au Parlement. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre 
André) 
 
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