La stratégie de la France contre l'EI commence à payer-Le Drian

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    * Le Drian sur le porte-avions Charles-de-Gaulle à Bahreïn 
    * Il se rendra sur les bases de Jordanie et des EAU 
    * Il appelle à une "riposte" là où l'EI s'organise 
    * Une intervention en Libye pas "à l'ordre du jour" 
 
 (Actualisé avec déclarations sur la Libye) 
    par Marine Pennetier 
    MANAMA, Bahreïn, 31 décembre (Reuters) - La stratégie de la 
France dans la lutte contre l'Etat islamique (EI) en Irak et en 
Syrie commence à porter ses fruits, a estimé jeudi Jean-Yves Le 
Drian lors d'un déplacement dans le golfe persique, plus d'un an 
après le début de l'opération Chammal.  
    Devant quelque 250 militaires dans un hangar du porte-avions 
Charles-de-Gaulle à quai à Manama, à Bahreïn, pour quelques 
jours, le ministre de la Défense a également appelé à "riposter" 
partout où l'EI s'organisait pour frapper les Occidentaux. 
    Engagée dans la lutte contre l'EI depuis septembre 2014 en 
Irak et septembre en Syrie, la France a intensifié ses frappes 
depuis les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts à 
Paris et ont été revendiqués par cette organisation. 
    Elle a aussi poursuivi la formation de forces irakiennes et 
de combattants kurdes dans le nord de l'Irak. En dix mois, les 
forces françaises ont ainsi formé 1.700 hommes de l'Iraki 
Counter Terrorism Service (ICTS), qui a combattu l'EI à Ramadi.  
    "Cette stratégie commence à payer. Partout nos capteurs 
révèlent que Daech adopte une position défensive, peu efficace 
d'ailleurs, comme en témoigne la chute récente de Ramadi", a dit 
Jean-Yves Le Drian à l'occasion du réveillon du nouvel an.  
    "En Syrie, nous frappons Daech au coeur (...) et nous visons 
juste", a-t-il ajouté. "Nous avons ciblé des centres de 
commandement, des centres d'entraînement, des bases logistiques, 
des dépôts de munitions, des sites pétroliers". 
     
    LA FRANCE DOIT "RIPOSTER" 
    L'armée irakienne a annoncé dimanche dernier la reprise de 
la ville de Ramadi, à l'ouest de Bagdad, qui était tombée en mai 
dernier sous la coupe de l'EI.  
    Quelque 700 combattants de l'organisation djihadiste se 
cacheraient toujours toutefois dans le centre et les faubourgs 
est de la ville, selon la coalition conduite par les Etats-Unis. 
     
    Selon l'état-major français, 49 frappes de la force 
française Chammal ont appuyé les forces irakiennes à Ramadi.  
    Au total, depuis le début de l'opération Chammal, l'armée 
française a effectué 2.784 sorties, effectué 388 frappes et a 
détruit 711 objectifs.  
    Le déploiement du porte-avions dans le golfe persique, le 
deuxième en un an dans le cadre de Chammal, a triplé la 
puissance de frappe de l'armée française dans la région, 
souligne-t-on à Paris.   
    Outre les 26 avions de combat embarqués à bord du 
Charles-de-Galle, la France dispose de douze avions de chasse 
déployés sur ses bases en Jordanie et aux Emirats Arabes unis, 
où Jean-Yves Le Drian se rendra vendredi et samedi.  
    "Pourquoi ces déplacements (...) au Levant ? Parce que la 
guerre se joue ici", a dit le ministre de la Défense à l'adresse 
des militaires français. 
    "Il y a quelques semaines, la France était frappée en son 
coeur (...) Cette agression sur notre sol appelle à une riposte 
là où Daech s'organise pour nous frapper", a-t-il ajouté.  
    "Nous le devons à ceux qui sont tombés le 13 novembre. Nous 
le devons à l'ensemble de nos compatriotes qui comptent sur 
leurs armées pour les défendre".  
     
    INTERVENTION EN LIBYE "PAS A L'ORDRE DU JOUR"      
    Pour autant, une intervention militaire française en Libye, 
où la progression de l'EI suscite l'inquiétude grandissante de 
la communauté internationale, n'est "pas à l'ordre du jour". 
    "En Libye, il y a eu un accord du Conseil de sécurité (de 
l'Onu), une résolution qui a été prise et qui prévoit un accord 
politique au cours du mois de janvier", a dit Jean-Yves Le Drian 
sur TF1. "La France fera tout pour que cet accord politique 
puisse avoir lieu et que la sérénité revienne en Libye".  
    La France, qui alerte depuis plus d'un an sur la situation 
en Libye, a mené des vols de reconnaissance fin novembre 
au-dessus de Syrte, contrôlée par l'EI, et installé une base à 
Madama, dans le nord du Niger, à la frontière avec la Libye. 
    Paris, comme d'autres capitales européennes, redoute 
notamment que des djihadistes de Libye se mêlent aux migrants 
qui traversent la Mer Méditerranée pour rejoindre l'Italie, puis 
d'autres pays de l'Union européenne.  
    Selon un récent rapport d'un groupe d'experts de l'Onu, il y 
aurait entre 2.000 et 3.000 combattants locaux de l'EI en Libye, 
dont 1.500 à Syrte. 
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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