La stabilisation du pétrole est précaire, dit l'AIE

le
0

* La production US continue de défier les pronostics * L'AIE s'attend à une pénurie de stockage aux USA * La prévision de croissance de la demande relevée de 75.000 bpj (Actualisé avec des précisions) par Alex Lawler et Dmitry Zhdannikov LONDRES, 13 mars (Reuters) - La stabilisation des cours du pétrole n'est peut-être que provisoire car l'excédent d'offre empire et la production des Etats-Unis ne donne aucun signe de ralentissement, a déclaré vendredi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). L'organisme de coordination des politiques énergétiques des puissances occidentales ajoute que les Etats-Unis risquent bientôt de se retrouver à court de capacités de stockage, un autre élément susceptible de peser sur les prix. Les derniers calculs donnaient des stocks américains sans précédent de 468 millions de barils. Cette tendance devrait durer au moins jusqu'au second semestre, période durant laquelle un tassement de la croissance de la production américaine est prévisible. Ce tassement, conjugué à une hausse de la demande mondiale, contribuerait à assurer un certain soutien aux cours ainsi qu'un répit à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), explique l'AIE vendredi. "En apparence, le prix du brut semble se stabiliser mais c'est un équilibre bien précaire", observe l'agence dans son rapport mensuel. "Derrière cette stabilité de façade, le rééquilibrage déclenché par l'effondrement des cours n'est pas encore achevé et ce serait sans doute faire preuve d'un optimisme exagéré que de croire qu'il se fera en douceur". La forte baisse du nombre des forages aux Etats-Unis explique en grande partie le récent redressement des cours pétroliers, qui a permis au baril de Brent de mer du Nord de remonter autour de 60 dollars, après avoir chuté jusqu'à 46 dollars en janvier alors qu'il culminait à 115 dollars l'an passé. LA PRODUCTION AMÉRICAINE DÉFIE LES PRONOSTICS "La production américaine ne montre guère de signes de ralentissement jusqu'à présent; au contraire, elle continue de défier les pronostics", poursuit l'AIE. Sur le seul mois de février, la production hors Opep a augmenté de quelque 270.000 barils par jour (bpj), à 57,3 millions bpj, et ce dans le sillage de l'Amérique du Nord, selon les estimations de l'AIE. L'offre mondiale a quant à elle augmenté de 1,3 million de bpj à 94 millions. Les conclusions de l'AIE sont susceptibles de décevoir l'Opep, qui a maintenu son plafond de production à l'issue de sa réunion de novembre dans le but de protéger ses parts de marché et d'endiguer la croissance de la production américaine de pétrole de schiste. Au deuxième trimestre 2015, lorsque la demande sera au plus bas en raison du pic des opérations de maintenance dans les raffineries, la demande de pétrole de l'Opep sera de 28,5 millions de bpj, prédit l'AIE, alors que la production de l'organisation atteignait 30,22 millions en février, soit 6% de plus environ. L'AIE a par ailleurs relevé de 75.000 bpj par rapport à son précédent rapport sa prévision de croissance de la demande mondiale cette année, à 1,0 million de bpj, ce qui porterait la demande moyenne sur l'année à 93,5 millions de bpj. En 2014, la croissance de la demande mondiale a été de 680.000 bpj. Après avoir touché son point bas au deuxième trimestre de l'an dernier, la croissance de la demande mondiale a depuis régulièrement augmenté, avec une croissance estimée de 1,0 million de bpj au premier trimestre de cette année, observe l'agence. "La demande de produits (raffinés) a montré des signes de vie et même la demande européenne refait surface, après un déclin notoire, pour afficher une forte croissance de 3,2% en décembre et de 0,9% en janvier", précise le rapport de l'AIE. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant