La spéculation amplifie les fluctuations des prix des matières premières

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(Commodesk.com) La spéculation sur les marchés à terme amplifie les désordres de l'économie réelle des matières premières. Et la financiarisation des marchés conditionnent bien la formation des prix, a démontré mercredi la mission parlementaire qui travaillait sur le sujet depuis huit mois. Les ETF (Exchange Traded Funds), par exemple, permettent de détenir et de retenir artificiellement des matières premières disponibles. En effet, pour savoir qui vend et qui achète, rien de mieux que de posséder les stocks eux-mêmes. "Le premier propriétaire mondial de stocks pétroliers n'est pas" la compagnie saoudienne Aramco, ni l'Américain Exxon Mobil ou encore le Français Total, mais c'est bien une société privée", l'Américaine Morgan Stanley, explique la présidente du groupe de travail de l'Assemblée nationale, Pascale Got. Celle-ci peut ainsi "jouer un rôle très important sur la hausse des prix du baril", en en retirant du marché. "Et c'est le même phénomène pour le cuivre". Entre 2000 et 2008, le prix du baril de pétrole a été multiplié par sept. Celui du cuivre par quatre, entre 2000 et 2007. Parallèlement, Goldman Sachs et JP Morgan ont racheté une grande partie des 600 plus grands entrepôts mondiaux agréés par le London Metal Exchange, rappelle le rapporteur François Loos. Et plus la banque d'affaires est importante sur le marché, mieux elle peut l'alimenter en informations. Or "l'essentiel du travail des spéculateurs, c'est de faire vivre des rumeurs contradictoires, qui souvent dépassent la réalité, comme lors des inondations en Australie", cette année, ajoute Pascale Got. A cela s'ajoutent les ETF, qui accroissent l'instabilité sur les marchés. Il s'agit en fait de certificats, remis en contrepartie d'une quantité physique de métaux. Majoritairement gérés par Morgan Stanley et JP Morgan, cela peut aussi leur permettre d'en immobiliser et de créer intentionnellement une pénurie. Face à ces mouvements, à la fois physiques et financiers, l'Europe doit améliorer ses approvisionnements et son recyclage. La France, par exemple, a aujourd'hui une capacité de stockage de 50 millions de tonnes de céréales. Il serait nécessaire qu'elle puisse accéder à 5 millions de tonnes supplémentaires, soulignent les rapporteurs.
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