La sonde russe Phobos-Grunt retombera sur Terre d'ici lundi

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MOSCOU (Reuters) - L'agence spatiale russe Roskosmos a annoncé jeudi s'attendre à ce que les débris de la sonde d'exploration de Mars Phobos-Grunt, qui n'est jamais parvenue à quitter l'orbite terrestre, retombent sur Terre entre dimanche et lundi.

Roskosmos a ajouté ne pas pouvoir déterminer avec précision le site où s'écraserait le vaisseau, conçu pour ramener sur Terre des échantillons du satellite martien Phobos et lancé en novembre.

"La fenêtre prévisible pendant laquelle les débris de Phobos-Grunt retomberont sur Terre est comprise entre le 15 et le 16 janvier, avec un point médian le 15 janvier à 16h12 heure de Moscou (12h12 GMT). La zone possible du crash est comprise entre les latitudes de 51,4° Nord et 51,4° Sud", prévient Roskosmos dans un communiqué.

Cette large bande va de la latitude approximative de Londres jusqu'à la pointe Sud de l'Argentine. Seuls le Nord de l'Europe, la majeure partie de la Russie, le Canada, l'Alaska, la Terre de Feu et l'Antarctique se trouvent en dehors.

L'échec de la sonde Phobos-Grunt ("Grunt" signifie "sol" en russe) vient s'ajouter à nombre de récents incidents dans le programme spatial de Moscou, qui ont notamment perturbé les rotations d'équipages à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Dans une interview publiée mardi par le quotidien Izvestia, le directeur de Roskosmos, Vladimir Popovkine, a laissé entendre que des sabotages étrangers lorsque ses vaisseaux sortent de la zone de couverture des radars russes pouvaient être à l'origine de l'échec.

"Nous ignorons pourquoi ces fréquents échecs de nos vaisseaux surviennent lorsqu'ils survolent ce qui est pour la Russie la face cachée de la Terre", a déclaré Popovkine.

"Je ne veux accuser personne, mais il existe aujourd'hui de très puissants moyens d'interférer avec un vaisseau spatial, et on ne peut pas les écarter."

Popovkine n'a pas donné plus de détails, et son porte-parole n'a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet.

On ignore précisément ce qu'il subsistera de la sonde une fois qu'elle aura traversé l'atmosphère. Ses réservoirs sont encore pleins d'hydrazine et de peroxyde d'azote, des carburants pour fusée très toxiques qui devraient toutefois se consumer lors de la rentrée.

La sonde emporte également un petit chargement de cobalt 57, un isotope radioactif du cobalt.

Alissa de Carbonnel, Gregory Schwartz pour le service français

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