La sommelière Virginie Routis, fin palais de l'Elysée

le , mis à jour à 14:28
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Virginie Routis, 38 ans, dans la cave de l'Elysée, le 18 novembre 2016 à Paris ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )
Virginie Routis, 38 ans, dans la cave de l'Elysée, le 18 novembre 2016 à Paris ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

Un client de grand restaurant lui avait un jour "lancé la carte des vins à la figure", refusant d'être conseillé par une femme. La sommelière Virginie Routis a depuis pris une belle revanche, en obtenant les clés de la cave de l'Elysée, où elle officie depuis neuf ans.

Cette Bordelaise de 38 ans, en lice pour les trophées "Femmes en Or" qui seront décernés le 29 novembre, est la première femme à occuper le prestigieux poste de chef sommelier de la présidence.

Elle veille sur 14.000 bouteilles, destinées à être servies lors des dîners d'Etat, officiels, ou déjeuners de travail organisés au palais présidentiel. François Hollande fait confiance à ses choix: "j'ai carte blanche", assure cette femme enjouée et discrète, vêtue d'un tailleur noir.

Dans la cave voûtée et climatisée du sous-sol de l'Elysée, les flacons de prestige (Cheval Blanc, Latour, Bâtard-Montrachet de Joseph Drouhin, Puligny-Montrachet du domaine Leflaive...) côtoient les bouteilles plus abordables. Le vin le plus ancien est un sauternes, un Château Rieussec de 1906.

Les vins de Bordeaux constituent plus de la moitié de la cave, exclusivement française, ceux de Bourgogne environ un quart, mais "toutes les régions sont représentées", précise Virginie Routis.

La sommelière choisit les vins en fonction du menu concocté par le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez, ainsi que du protocole, avant de les goûter et les servir.

"Si on reçoit un chef d'Etat étranger, on va miser sur une valeur sûre, un grand bourgogne blanc, un grand bordeaux rouge, mais pour d'autres déjeuners on peut aller voyager en Alsace, Cahors, Corse... Je joue sur des découvertes, je sais que le président est ouvert à cela", explique-t-elle.

Virginie Routis dans la cave de l'Elysée, le 18 novembre 2016, où elle veille sur 14.000 bouteilles
Virginie Routis dans la cave de l'Elysée, le 18 novembre 2016, où elle veille sur 14.000 bouteilles ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

La cave, créée en 1947 sous la présidence de Vincent Auriol, a en partie été renouvelée grâce à la vente aux enchères en 2013 de quelque 1.200 bouteilles. Certains grands crus étaient disponibles en trop petites quantités pour être servis lors de dîners officiels.

Le budget consacré à la cave était en 2015 de 170.000 euros, dont 50.000 euros, provenant du produit de la vente, ont servi à acheter des vins de garde en primeur.

- 'savoir s'imposer' -

Le dîner d'Etat qui a le plus marqué Virginie Routis est celui organisé en l'honneur de la reine Elizabeth II, le 6 juin 2014. "C'était l'un des plus stressants", confie la sommelière, qui avait servi pour l'occasion un sauternes, un Château d'Yquem 1997, du Haut-Brion 1990 et un champagne Pol Roger, cuvée Winston Churchill.

Née dans une famille d'"amateurs de vins et de bonne chère", formée au lycée hôtelier de Talence, Virginie Routis a commencé sa carrière outre-Manche, au Manoir aux Quat'Saisons, table étoilée du chef français Raymond Blanc près d'Oxford.

La jeune femme, qui a ensuite travaillé cinq ans à l'hôtel Bristol, n'a pas 30 ans quand elle est nommée à l'Elysée: elle entend dire que la place est à prendre et tente sa chance avec succès. Le président d'alors, Nicolas Sarkozy ne boit pas de vin, c'est avec Carla Bruni que Virginie Routis discute de ses choix.

Dans son métier, majoritairement masculin, "il faut savoir s'imposer", reconnaît cette mère d'une petite fille, qui a été confrontée en début de carrière à la misogynie d'un client âgé en Angleterre.

"Je suis arrivée avec la carte des vins, il me l'a lancée à la figure. Il m'a dit: +je veux voir un homme+. Il ne voulait pas me parler, ni que je m'occupe du vin, rien. C'est le maître d'hôtel qui y est allé!"

Virginie Routis le 18 novembre 2016 dans la cave de l'Elysée où elle officie depuis neuf ans
Virginie Routis le 18 novembre 2016 dans la cave de l'Elysée où elle officie depuis neuf ans ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

Mais les femmes sommelières sont de plus en plus présentes. "C'est beaucoup plus évident", juge Virginie Routis, qui a côtoyé au Bristol Estelle Touzet, aujourd'hui sommelière au Ritz, ou encore Marlène Vendramelli, meilleur jeune sommelier de France en 1993.

"Je trouve qu'on a un palais plus sensible et peut-être une manière d'expliquer le vin plus simple, moins technique que les hommes. Mais c'est bien d'avoir une équipe mixte", sourit-elle.

"Susciter encore plus de vocations féminines" est d'ailleurs "l'une des ambitions" de Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde (1992) et nouveau président de l'Union de la sommellerie française, qui estime entre 15 et 20% la proportion de femmes dans ce métier.

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  • boudet il y a une semaine

    Et cela nous coûte combien cette petite fantaisie?

  • dupon666 il y a une semaine

    chirak a du vider la moitié de la cave à lui seul

  • dupon666 il y a une semaine

    elle etait là avant le ptigro..c'est zebulon qui l'a embauchée

  • guyguy16 il y a une semaine

    Je ne savais pas ou partait le fric par millions.Je suis renseigné maintenant.Et Fillon élus,fera pareil.

  • anlupavi il y a une semaine

    Je me suis trompee ce n étai pas Marcel ,milles excuses!

  • anlupavi il y a une semaine

    (Je suis arrivée voir Marcel avec la carte des vins, il me l'a lancée à la figure,) quel goujat ! (+je veux voir un homme+. Il ne voulait pas me parler, ni que je m'occupe du vin, rien). drôle d 'education, !!!!!

  • lorant21 il y a une semaine

    "Certains grands crus étaient disponibles en trop petites quantités pour être servis lors de dîners officiels.".. ah..ils se bourrent la tronche dans les dîners officiels? :-)

  • M3039634 il y a une semaine

    Un sommelier est indispensable à l'Elysée, car les conseillers du Prince ne veulent boire que le meilleur. Il en est de même à l'Hôtel de Lassay, au Sénat, à la Mairie de Paris, ... Rien n'est trop beau pour cette aristocratie de nouveaux riches, qui estime que le Peuple est à son service.

  • g.joly1 il y a une semaine

    Quel manque de courage de la part du restaurateur lors de l'incident avec cette jeune femme. Il fallait refuser de servir ce client au comportement inadmissible et lui demander de sortir du restaurant.

  • dbourbie il y a une semaine

    PAS bon pour les sans dents