La soeur de Mohamed Merah entendue par la police pour ses propos

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TOULOUSE (Reuters) - La soeur de Mohamed Merah a été entendue par la police mercredi à Toulouse dans le cadre d'une enquête pour "apologie du terrorisme" ouverte après qu'elle s'est déclarée "fière" de son frère dans un documentaire, a indiqué son avocat.

Souad Merah, soeur du jeune toulousain qui a tué sept personnes au mois de mars en se réclamant d'Al Qaïda, avait tenu ces propos alors qu'elle était filmée en caméra cachée dans un reportage diffusé par M6.

Une enquête préliminaire a été ouverte mi-novembre par le parquet de Paris. De son côté, Souad Merah a déposé plainte contre la chaîne pour atteinte à la vie privée.

Me Christian Etelin, avocat de la jeune femme, a déclaré à la presse mercredi à la sortie de l'hôtel de police de Toulouse que sa cliente ignorait que ses propos pouvaient être enregistrés.

"Il est bien clair que les propos qu'elle a tenus, elle les a tenus en étant consciente du fait qu'ils étaient intimes, donc ça ne peut pas être une apologie", a fait valoir l'avocat.

"On n'a pas le droit d'enregistrer des propos qui sont tenus dans la vie privée", a-t-il poursuivi, estimant que M6 et l'auteur du reportage avaient commis un délit.

Devant les policiers, Souad Merah a été amenée à expliquer ses propos, "le contenu, le sens qu'elle leur accordait", a ajouté Me Etelin.

"Elle a toujours dit une chose claire: quand elle dit qu'elle est fière de son frère, elle parle de sa résistance par rapport à l'opération du Raid. Elle ne parle absolument pas des crimes qu'il a commis (...) Elle les a toujours réprouvés."

Dans le reportage diffusé par M6, Souad Merah dit avoir menti aux enquêteurs sur les voyages de l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban, qui a été tué le 22 mars par les policiers du Raid lors d'un assaut contre son logement.

"Je suis fière de mon frère, il a combattu jusqu'au bout (...) Je pense du bien d'(Oussama) Ben Laden, je l'ai dit aux flics, je peux te le dire à toi", disait-elle à son frère aîné Abdelghani, protagoniste de ce documentaire et qui critique la dérive religieuse d'une partie de sa famille.

Jean Décotte, édité par Yves Clarisse

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