« La Sociale » : la Sécu auscultée sans modération

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Le réalisateur Gilles Perret sur le tournage de son documentaire « La Sociale ».
Le réalisateur Gilles Perret sur le tournage de son documentaire « La Sociale ».

Gilles Perret retrace l’histoire de l’institution, née après la Libération et attaquée désormais de toutes parts.

L’avis du « Monde » : A voir Avec plus de dix documentaires au compteur, trouvant assez régulièrement le chemin des salles, Gilles Perret incarne une certaine singularité dans le paysage du film militant, enraciné qu’il est dans une région, la Savoie, et irradiant depuis ses montagnes des problématiques sociopolitiques intéressant tous les Français. Ma mondialisation (2006) proposait ainsi un regard savoyard sur ce phénomène ; Walter, retour en résistance (2009), une chronique du dévoiement des idéaux de la Résistance à travers une figure locale ; De mémoires d’ouvriers (2012), une histoire à grands traits du prolétariat savoyard et de son démembrement programmé.

Le réalisateur s’attaque ici à un sujet vital, avec cette histoire, plus engagée que raisonnée, de la ­Sécurité sociale. La méthode reste la même, donnant le beau rôle à la parole et au témoignage, illustrant le propos par de nombreuses archives filmées. Panel de spécialistes – les sociologues Colette Bec, Emmanuel Pierru ou Bernard Friot, l’historien Michel Etiévent, l’hépatologue et porte-parole du Mouvement de défense de l’hôpital public Anne Gervais – couplé avec ce que l’on pourrait appeler « un grand témoin », personnalité forte crevant l’écran. Jolfred Fregonara, 96 ans, bon pied bon œil et gnaque intacte (nonobstant rattrapé par la Camarde au mois d’août, paix à son âme), syndicaliste CGT et membre du Parti communiste, qui participe dès 1946 à la mise en œuvre de la caisse de sécurité sociale de Haute-Savoie...

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