La Socgen veut des règles strictes sur la résolution bancaire

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LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE SOUHAITE DES RÈGLES STRICTES SUR LA RÉSOLUTION BANCAIRE
LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE SOUHAITE DES RÈGLES STRICTES SUR LA RÉSOLUTION BANCAIRE

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Les pays européens devraient adopter des règles strictes en matière de résolution bancaire, a déclaré à Reuters mercredi le PDG de la Société générale qui souhaite que les acteurs financiers puissent, à terme, mener leurs activités dans le cadre d'une régulation internationale harmonisée.

Les ministres des Finances des 27 devaient se réunir dans la soirée de mercredi pour discuter du projet d'union bancaire voulu par les Etats du Vieux continent en préparation d'un sommet européen à Bruxelles jeudi et vendredi.

La Banque centrale européenne devrait prendre en charge la supervision des établissements de crédit de la zone euro à partir de la mi-2014, prélude à un système financier plus intégré qui prévoit également un mécanisme commun de résolution, voire un cadre solidaire de garantie des dépôts.

Mais des désaccords entre pays européens demeurent sur le projet d'union bancaire. L'Allemagne, qui craint d'être mise à contribution pour d'autres Etats membres, s'est jusqu'ici montrée très réservée et plaide pour un cadre rigoureux.

"Je pense qu'il serait préférable qu'il n'y ait pas trop de flexibilité, il vaudrait mieux avoir les mêmes règles du jeu d'un pays à l'autre et que ces règles soient claires, compréhensibles et explicables à la fois pour les déposants et les investisseurs", a déclaré Frédéric Oudéa au cours d'une interview.

"Ensuite, il y a le niveau international sur lequel nous continuons à voir cette confirmation d'une 'fragmentation' de la régulation. Pour la croissance mondiale, nous avons besoin d'infrastructures et de financer des projets dans un pays avec l'épargne d'un autre, donc attention à cette fragmentation qui pourrait freiner la capacité à financer."

DÉRIVES

Frédéric Oudéa, qui s'exprimait en marge d'une réunion de deux jours organisée par l'International Institute of Finance (IIF), a dépeint les évolutions de la régulation comme essentielles à la sortie de crise des économies avancées.

"Je raisonne avec deux horizons, 2013-2015, cette phase de transition réglementaire, et puis l'après 2015", a-t-il dit.

"J'aimerais un système en Europe qui ressemble à celui des Etats-Unis, avec quelques très grandes banques, s'appuyant sur un socle fort de banque de détail, complétées par de petites banques domestiques, des plateformes de compensation et un grand régulateur."

Le PDG a ajouté qu'au delà de 2015, date à laquelle le groupe s'est fixé pour objectif d'afficher un rendement des capitaux propres de 10%, la Société générale emploierait ses efforts à demeurer un grand acteur du marché des dérivés, sur lequel il est déjà très actif.

"Je veux un leader sur les marchés de capitaux dans cette zone euro, capable de se projeter dans ses pôles d'expertise à l'international, sur les dérivés et dérivés actions, les financements d'infrastructures et l'énergie, tous ces secteurs qui sont éminemment globaux", a-t-il dit.

EN FRANCE, LA RÉCESSION

Le dirigeant a fait valoir que ses équipes n'avaient pas constaté d'augmentation du taux de défaut des entreprises ou des particuliers sur leurs prêts en France.

L'activité économique dans l'Hexagone s'est contractée de 0,2% au premier trimestre après un recul de même ampleur sur les trois derniers mois de 2012, deux baisses consécutives qui confirment que le pays est bien entré en récession.

"Les grosses crises bancaires sont venues de l'immobilier, aux Etats-Unis ou en Espagne par exemple. Or l'immobilier en France a été traité différemment des autres pays, on n'y spécule pas sur les prêts et il s'y pratique des taux fixes qui tiennent compte des capacités à rembourser", a expliqué Frédéric Oudéa.

"Les petites et moyennes entreprises représentent pour leur part une fraction faible de l'encours total des crédits en France, autour de 15%. Parmi ces PME, il y a en qui souffrent, d'autres qui exportent, mais nous ne notons pas de 'sinistralité' sur le terrain", a-t-il ajouté.

Le dirigeant a en revanche souligné qu'une hausse des taux longs serait favorable aux banques françaises qui peinent à dégager des profits solides dans un environnement de taux historiquement bas.

Edité par Benoît Van Overstraeten

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