La SNCF s'attend à un environnement compliqué en 2016

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    * Le groupe enregistre une perte nette de 12,2 milliards en 
2015 
    * Dépréciations d'actifs, chiffre d'affaires en hausse 
    * Le groupe dément toute crise de gouvernance 
 
 (actualisé avec contexte, déclarations) 
    SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis, 11 mars (Reuters) - La SNCF, 
qui a enregistré une perte nette de 12,2 milliards d'euros en 
2015 sous l'effet d'une dépréciation de ses actifs, s'attend à 
un environnement compliqué en 2016 face à une concurrence et un 
risque terroriste toujours forts, a déclaré vendredi son 
président.  
    La valeur comptable des actifs de la compagnie ferroviaire a 
été revue à la baisse, avec une dépréciation de 9,6 milliards 
d'euros du réseau ferré, de 2,2 milliards d'euros des rames TGV, 
et de 450 millions d'euros pour Gares et Connexions.  
    En 2015, le chiffre d'affaires du groupe s'est élevé à 31,4 
milliards d'euros, en progression de 5% en un an, et le résultat 
net avant dépréciations à 377 millions d'euros.     
    "L'environnement va continuer en 2016 à être très 
difficile", a dit le président du directoire du groupe, 
Guillaume Pepy, lors d'une conférence de presse à Saint-Denis 
(Seine-Saint-Denis). "Nos clients ont le choix, c'est tant 
mieux, mais la concurrence s'intensifie". 
    "La croissance reste modeste en Europe, sans doute de 
l'ordre de 2% pour la sixième année consécutive. On a un 
ralentissement dans beaucoup de zones comme la Chine, l'Amérique 
du Sud", a-t-il ajouté. "Et puis le risque terroriste a fait que 
la France, qui est la première destination touristique, 
rencontre toujours des difficultés en ce début 2016".  
    La groupe public est confronté depuis plusieurs années à la 
montée en puissance du low-cost aérien et du co-voiturage qui 
rognent des parts du marché français.  
         
    "PAS DE CRISE DE GOUVERNANCE" 
    Fragilisée par cette concurrence, l'entreprise a également 
subi en 2015 le contre-coup des attentats qui se sont traduits 
par une baisse du nombre de touristes en France.  
    Face à la menace terroriste et après l'attentat déjoué dans 
le Thalys en août, elle a mis en place des portiques de sécurité 
et des caissons scanners pour les bagages sur les quais du 
Thalys à Paris et Lille, à destination de l'Europe du Nord, pour 
un coût de 5,5 millions d'euros. 
    Dans ce contexte financier fragilisé, le groupe se veut 
rassurant en soulignant que la dépréciation d'actifs ne 
remettait pas en cause ses ambitions en matière de 
d'amélioration du réseau ou la qualité des services. 
    "Ça n'aura aucune conséquence sur nos actions 2016, c'est 
une opération purement comptable qui n'a pas beaucoup de portée 
réelle", a souligné Jacques Rapoport, PDG démissionnaire de SNCF 
Réseau. "Nous avons effectivement en matière de financement des 
problèmes à traiter mais nous sommes bien convaincus qu'ils le 
seront à travers les contrats de performance." 
    Guillaume Pepy a mis en avant des résultats globaux en 2015 
"plutôt encourageants" et des trafics de fret ferroviaire en 
hausse de 3% "pour la première fois depuis huit ans". 
    Quant à sa gamme low-cost "Oui" (Ouigo, Ouibus, Ouicar) 
lancée l'an dernier, a-t-il ajouté, "c'est 4,8 millions de 
voyages en 2015, ce sera 9,5, presque le double, en 2016".      
    Jacques Rapoport, qui a annoncé en février son départ du 
groupe pour des raisons personnelles, a démenti toute crise de 
gouvernance, assurant que l'équipe de direction travaillait "en 
parfaite harmonie".  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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