La SNCF s'attaque au chantier de la gare du Nord

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Des centaines de millions d’euros de travaux sont prévus d’ici à 2023. Un aménagement qui s’annonce comme un véritable défi pour la plus ancienne gare de Paris.

La course contre la montre est commencée. Le chantier ouvre cette année pour se terminer en 2023. La gare du Nord se fera une beauté pour les Jeux olympiques si Paris l’emporte. JO ou pas, la première gare d’Europe a besoin d’un sérieux coup de jeune. Ouverte au public en 1864, c’est la plus ancienne gare de Paris, classée aux Monuments historiques depuis 1975. Fréquentée aujourd’hui par plus de 700.000 voyageurs (dont 80 % TER et RER), la gare du Nord a pourtant peu d’atouts. Elle a mal vieilli. Elle est aussi sous-dimensionnée par rapport au trafic et handicapée par un environnement très contraint. Un conflit personnel entre les barons James de Rothschild et Georges-Eugène Haussmann l’a privée d’un vrai parvis qui en aurait facilité l’accès.

Doubler la taille du terminal Eurostar

«La gare du Nord n’est pas au rendez-vous de son siècle», reconnaît Anne Hidalgo, maire de Paris. Entre les bus, les taxis et les voitures particulières, la circulation est un vrai casse-tête. Plus embêtant, c’est une porte d’entrée peu reluisante pour Paris. Pour un habitué de l’Eurostar (3 % du trafic la gare), le standing de la gare parisienne - avec ses nombreux mendiants et ses vespasiennes provisoirement installées sur le parvis - est à des années-lumière de celui de Saint-Pancras, à Londres. Côté sécurité, un commissariat de police, ouvert jour et nuit, a fini par être installé à l’intérieur de la gare en 2014.

C’est pour redresser la barre que la SNCF, avec la Mairie de Paris, vient de lancer son énorme chantier. Il s’agit bien sûr d’améliorer l’accueil et le service, mais aussi d’augmenter son chiffre d’affaires, tout en gérant la croissance du trafic, d’environ 5 % par an. Guillaume Pepy, président de la SNCF, parle de plusieurs centaines de millions d’euros au total.

Pour gagner de la place, la grande révolution est attendue à partir de 2018. «Notre idée est d’agrandir la gare du Nord pour qu’il y ait à la fois un terminal banlieue, un terminal international, un terminal Eurostar, une zone départs et zone arrivées, il faut que la gare respire», explique Guillaume Pepy. Une passerelle qui surplombera les quais doit être installée pour accéder directement sur les voies. Le plus grand défi sera de mener à bien ces transformations, tout en assurant la continuité du trafic.

«Cette année, nous investissons 330 millions d’euros pour rénover et développer nos gares et 2,2 milliards d’ici à 2020, précise Patrick Ropert, directeur général de Gares & Connexions. À elle seule, la gare du Nord coûtera 74 millions d’euros entre 2015 et 2018, principalement pour doubler la taille du terminal de l’Eurostar et rénover l’espace banlieue. Nous travaillons actuellement à chiffrer la phase de 2018 à 2023, imaginée par Jean-Michel Wilmotte.»

33 boutiques

Dès cette année, le hall d’accès au RER doit être réaménagé, et les quais des RER B et D, datant de 1970, rénovés. Une galerie marchande de 33 boutiques ouvrira en décembre, avec de grandes enseignes comme Sephora, Mango, Casino, Kiko, Mexx, Naf Naf, Celio, Jeff de Bruges, Undiz, Desigual, Yves Rocher, Camaieu, Hema, mais aussi Paul et Costa Cafe. Une brasserie du chef triplement étoilé Thierry Marx, qui servira 600 à 700 couverts par jour, ouvrira début 2016.

Jean-Michel Wilmotte a aussi imaginé un Train Blanc, dans l’esprit du restaurant le Train Bleu de la gare de Lyon. «En 2014, les commerces dans nos gares ont rapporté 172 millions d’euros. L’ambition est de doubler cette contribution, en huit ans», promet Patrick Ropert. Un hôtel cinq étoiles est également envisagé, en étages, dans l’Étoile du Nord, l’ancien hôtel des Rothschild.

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