La Slovénie, ex-bon élève de la zone euro, suscite l'inquiétude

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INQUIÉTUDES SUR LA SLOVÉNIE ET SES BANQUES
INQUIÉTUDES SUR LA SLOVÉNIE ET SES BANQUES

par Marja Novak

LJUBLJANA (Reuters) - Lorsque la Slovénie a rejoint la zone euro en 2007, elle affichait la plus forte croissance de la région et ses deux millions d'habitants jouissaient de l'un des niveaux de vie les plus élevés d'Europe orientale.

Aujourd'hui, le pays est en récession, il ne peut plus emprunter sur les marchés et tente d'éviter d'avoir à demander une aide internationale.

La crise financière et économique mondiale a en effet mis au jour les faiblesses de l'économie slovène, très dépendante des exportations de voitures et de pièces détachées automobiles, de médicaments et d'électroménager.

"La Slovénie avait les meilleurs résultats des nouveaux pays membres de l'UE et faisait figure de précurseur. Mais de nombreux échecs du passé sont devenus évidents avec la crise", explique Hermina Vidovic, analyste de l'Institut d'études économiques internationales de Vienne.

Le gouvernement slovène assure qu'une aide internationale ne sera pas nécessaire mais les indicateurs économiques ne plaident pas en sa faveur: les créances douteuses des banques représentent aujourd'hui près de 18% du produit intérieur brut (PIB) et le déficit budgétaire devrait atteindre 4,2% du PIB cette année, contre 3,5% prévu initialement.

Un tel déficit reste nettement inférieur à ceux de beaucoup de pays de la zone euro, mais un plan de sauvetage des banques pourrait le creuser rapidement, l'Etat étant le premier actionnaire du secteur.

La Slovénie risque ainsi de connaître le sort de l'Irlande, contrainte d'appeler à l'aide l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) après avoir renfloué ses banques.

"LA SITUATION EST GRAVE"

Pour les analystes, ces menaces pourraient se concrétiser à la fin de l'année ou au début de l'an prochain si la Slovénie ne parvient pas à retrouver la confiance des investisseurs avant l'échéance de deux milliards d'euros de dettes mi-2013.

"Plus les spéculations sur une aide continueront, plus l'aide deviendra probable. Le gouvernement cherche actuellement à rassurer les marchés sur sa détermination à entreprendre la consolidation nécessaire et des réformes structurelles", explique Otilia Simkova, du cabinet d'études et de conseil Eurasia.

Le rendement de la dette slovène à dix ans est passé de 5,2% en mars à 6,29% mardi après avoir culminé à 7,6% en août.

"La situation en Slovénie est grave et la Slovénie n'a pas de temps à perdre", a déclaré le mois dernier le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre Janez Jansa, à la tête d'une coalition de centre-droit, ne dispose que d'une courte majorité au parlement, ce qui complique l'adoption d'éventuelles réformes structurelles, comme le relèvement de l'âge de la retraite, aujourd'hui fixé à 58 ans, ou l'accélération des privatisations.

"La crise en Slovénie est autant politique qu'économique car les divisions politiques sont un gros problème pour le pays", souligne Mojmir Mrak, professeur à la Faculté d'économie de Ljubljana.

Le FMI, qui vient d'achever sa visite annuelle en Slovénie, a estimé mardi que Ljubljana pouvait encore éviter une aide extérieure.

"Si la Slovénie met courageusement en oeuvres toutes les réformes, nous pensons que cela devrait être suffisant pour rassurer les marchés", a dit Antonia Spilimbergo, directrice de la mission du FMI en Slovénie, lors d'une conférence de presse.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • M7520498 le mardi 2 oct 2012 à 18:12

    Qui ne prendrait pas gout a vivre sur la croûte des autres ? Qu'y a t'il dans le coeur de l'homme : un cochon qui sommeille ! CONCLUSION :discipline et rigueur sont impératifs pour le mieux vivre ensemble .

  • jepe48 le mardi 2 oct 2012 à 17:57

    Qu'en pense la technocratie bruxelloise, curieusement rien. Que dit Merkozy ou ce qu'il en reste ? rien pour l'instant, demain austérité. Doivent être content les slovénes !!!

  • gvigner3 le mardi 2 oct 2012 à 17:41

    Stop à l' agrandissement de cette Europe que plus personne ne comprend

  • wanda6 le mardi 2 oct 2012 à 17:33

    Cette construction purement libérale est anti démocratique, n'apporte que misère et conflits des peuples. Ns pouvons croire en l'Europe, ms pas celle née ds la tête de ces technocrates et de ces financiers qui se foutent de l'intérêt général

  • frk987 le mardi 2 oct 2012 à 17:16

    Bien venue au club des fauchés, pour nous c'est une question de 12 à 36 mois.

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