La situation reste très tendue en Centrafrique

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SITUATION TOUJOURS TENDUE EN CENTRAFRIQUE
SITUATION TOUJOURS TENDUE EN CENTRAFRIQUE

par Emmanuel Braun

BANGUI (Reuters) - Une semaine après leur déploiement en Centrafrique, les soldats français ont du mal à rétablir le calme entre communautés, comme en témoigne une nouvelle tuerie entre milices chrétiennes et musulmanes rapportée vendredi par les Nations unies.

Des membres d'une milice chrétienne "anti-balaka" ont tué 27 musulmans jeudi à Bohong, un village situé à 75 km de Bouar, une localité de l'extrême Ouest centrafricain, dit le Bureau des droits de l'homme des Nations unies.

Depuis la prise du pouvoir en mars dernier par les rebelles musulmans de la Séléka, la Centrafrique est en proie au chaos.

"La situation est également tendue dans plusieurs localités et notamment à Bouca, Bossangoa et Bozoum, où se poursuit un cercle vicieux d'attaques et de représailles", ajoute l'Onu.

"Nous condamnons toutes les agressions sur les lieux de cultes et contre la liberté religieuse et appelons toutes les communautés à faire preuve de retenue", dit encore le texte.

Dans ce contexte difficile, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est arrivé sur place pour s'adresser aux 1.600 soldats français déployés dans le cadre de l'opération "Sangaris" et rencontrer les autorités locales.

"Je suis arrivé à Bangui en Centrafrique pour adresser un message de confiance à nos forces et faire un point complet sur la situation", écrit Jean-Yves Le Drian sur son compte Twitter.

Le ministre s'est ensuite rendu dans la ville de Bossangoa, au nord de Bangui.

Par ailleurs, l'Union africaine a donné vendredi son feu vert à l'envoi de renforts en Centrafrique pour sa force multinationale d'interposition, la Misca, dont les effectifs vont passer de 2.500 à 6.000 hommes.

PILLAGE D'UN MAGASIN PAR DES CHRÉTIENS

La situation est également précaire dans la capitale.

Des heurts dans le quartier de Miskine dans le nord-ouest de Bangui jeudi dans la nuit et vendredi matin, ont fait plusieurs morts, selon des témoins.

Les heurts ont commencé avec le pillage par des chrétiens d'un magasin de motos lié à la Séléka. Des représailles meurtrières ont suivi. L'armée française, appuyée par un hélicoptère, a pu restaurer le calme vendredi.

"La tension reste vive dans le quartier malgré la présence des Français", dit Chancella Cazalima, une étudiante.

A l'aéroport de Bangui, zone réputée la plus sûre de la capitale parce qu'elle accueille le quartier général des forces françaises, la peur reste palpable parmi les déplacés, éparpillés à ciel ouvert ou sous les carcasses d'avions abandonnés. Environ 30.000 personnes y sont réfugiées.

Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, a confirmé vendredi qu'il ne se présenterait pas aux prochaines élections conformément à un accord politique signé en janvier.

"Nous mettrons en place, dans les prochains jours, l'autorité nationale de transition. Cette structure, qui est indépendante, est habilitée à organiser les élections", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24.

La France souhaite que les élections soient avancées à 2014. La période intérimaire était prévue à l'origine pour durer jusqu'en 2015.

Avec Nicholas Vinocur et Marion Douet à Paris, Stephanie Nebehay à Genève, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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