La situation financière des sociétés du SBF 120 se dégrade

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(lerevenu.com) - L'année 2011 a été marquée par une augmentation de 5% de l'endettement net des sociétés de l'échantillon. Deux facteurs l'expliquent : une forte augmentation des acquisitions, de plus de 20 milliards d'euros (un montant multiplié par 17 depuis 2010), et un gonflement du besoin en fonds de roulement de 6 milliards, qui traduit une dégradation des encaissements. Au total, le levier financier se tend, avec un ratio dette nette sur excédent brut d'exploitation (Ebitda) qui passe de 1,58 fois en 2010 à 1,78 l'an dernier.

Selon l'étude, l'évolution du flux de trésorerie total du SBF 120 hors financières est négative, mais stable une fois retraitée des acquisitions. Autre élément positif : la liquidité des sociétés (définie comme la dette disponible «non tirée» augmentée de la trésorerie) se maintient à un niveau élevé, ce qui traduit, de leur part, une certaine prudence.

Cinq groupes (EDF, GDF, France Télécom, Total, Veolia Environnement) représentent 34% de la dette totale de l'échantillon. À eux cinq, ils pèsent 24% de sa dette bancaire et surtout 43% de sa dette obligataire. Ce qui leur donne un vrai pouvoir de négociation sur ces marchés.

Plus généralement, les analystes de Bfinance notent qu'un monde sépare les grandes sociétés des autres, tant en termes de politique financière qu'accès aux financements. Le ratio dette nette/Ebitda est, en moyenne, moins élevé pour le CAC 40 (1,6 fois en 2011) que pour le reste du SBF 120 (2,1 fois). Par ailleurs, le niveau de désintermédiation ? le fait pour des entreprises d'aller chercher des financements sans passer par le crédit bancaire ? est sensiblement plus important pour les ténors de l'indice phare (68%) que pour les autres (44%). Les grandes sociétés ont davantage de latitude pour diversifier leurs ressources financières, comme le montre l'augmentation de capital express d'Alstom au début du mois.

La question de la dette restera centrale en 2013, car la dégradation de la conjoncture va peser sur les flux de trésorerie des sociétés, et donc sur leur capacité à faire face à leurs échéances. Privilégiez toujours les groupes assurés d'une bonne visibilité de leurs revenus, comme Essilor, Air Liquide, LVMH?

Olivier Dauzat

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