La situation est alarmante pour le cacao ivoirien

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(Commodesk) Les fèves étaient rabougries à la saison sèche, lors de la récolte principale du cacao ivoirien, en dessous des normes des acheteurs internationaux. La récolte intermédiaire aurait pu modifier les perspectives, à la saison des pluies, mais les précipitations trop abondantes sur la Côte d'Ivoire ruinent les espoirs des producteurs. « Il n'y a plus de routes, et le cacao pourrit en brousse » explique Ali Lakis, directeur général de SAF Cacao, l'un des principaux exportateurs sur le port de San Pedro.

La saison humide a débuté en mai, et la pluie devrait durer jusqu'au 4 juillet, d'après les météorologues.

Les producteurs ont du mal à sécher le produit, et le taux de moisi est élevé confirme un autre acheteur contacté à Abidjan. Les pisteurs ne vont plus chercher le cacao dans les villages « où il n'y a pas grand-chose », ce qui ne vaut pas le prix de la course. D'ordinaire, ils visitent les villages afin de regrouper le cacao pour les acheteurs.

Le souci sur la qualité se complique du fait des faibles quantités de cacao disponibles cette saison. Il y aura un gros déficit cette année, résume Ali Lakis. « Le peu qui sort n'est pas bon, c'est le problème ». « Les broyeurs achètent tout de même pour broyer localement, et mélanger avec du stock, pour exporter le produit semi-fini » observe son concurrent.

Sur le terrain, la situation a progressé, puisque le pays n'est plus coupé en deux par une ligne de front empêchant les exportations de cacao du nord par les ports d'Abidjan ou San Pedro. L'an dernier, 1,75 million de tonnes avaient été produites mais cette année, la filière attend seulement 1,3 million de tonnes.

« La production est tellement basse, la sécheresse a absorbé le manque à gagner » dit l'acheteur de la SAF. Il manque 450.000 tonnes, 25% par rapport à l'an dernier, en cumulant les deux récoltes.

« Il faudrait que le producteur soit bien rémunéré » en conclut Ali Lakis. C'est un fait, le cacao demande beaucoup de travail. C'est pourquoi le gouvernement a promis de verser aux producteurs 60% du prix du cacao à l'exportation, ce qui représente actuellement 700 à 750 F CFA en cours lissés, d'après les premières estimations du Cocobod.

Mais s'il y a effondrement des prix, il n'y aura plus de cacao, faute de producteurs. « La situation est alarmante pour les années à venir » avertit le D.G. de la SAF. Il craint que les producteurs abandonnent le cacao au profit du caoutchouc ou de la palme, des produits plus rémunérateurs qui demandent moins de travail.

Jusqu'ici, la Côte d'ivoire est le premier producteur mondial.

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