La situation en Syrie "pas bonne", Paris veut 500 observateurs

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La situation en Syrie "pas bonne", Paris veut 500 observateurs
La situation en Syrie "pas bonne", Paris veut 500 observateurs

par Patrick Vignal et John Irish

PARIS (Reuters) - La France va présenter ce vendredi au Conseil de sécurité des Nations unies un nouveau projet de résolution sur la mission d'observation du cessez-le-feu en Syrie avec la volonté d'en porter les effectifs à 500 membres alors que la situation est jugée "très fragile".

A Genève, Kofi Annan, l'envoyé spécial conjoint de l'Onu et de la Ligue arabe en Syrie à l'origine du cessez-le-feu, a fait savoir que la situation en Syrie n'était "pas bonne" et que le cessez-le-feu était "très fragile".

La mission d'observation, autorisée samedi dernier par l'Onu, en est toujours à une phase préparatoire.

Damas et les Nations unies ont signé jeudi un protocole sur les conditions de déploiement "des bérets bleus" sans parvenir à s'entendre sur la taille de leur mission ni sur l'utilisation de moyens aériens.

Un septième observateur est arrivé vendredi en Syrie, complétant l'avant-garde qui s'y trouve depuis le week-end sous le commandement du colonel marocain Ahmed Himmiche, a précisé le porte-parole d'Annan, Ahmad Fawzi.

Deux autres "bérets bleus" devraient suivre lundi, et les effectifs de la mission préparatoire devraient être portés à 30 membres dans le courant de la semaine prochaine, a précisé le porte-parole de Kofi Annan,

Mais les effectifs actuellement prévus de 250 observateurs à terme sont jugés insuffisants face à la situation.

"DERNIÈRE CHANCE AVANT LA GUERRE"

A Paris, le chef de la diplomatie française a annoncé que la délégation française à l'Onu présenterait ce vendredi un nouveau projet de résolution avec l'objectif de les porter à 500 membres.

"Le plan Annan est la dernière chance avant la guerre civile", a réaffirmé Alain Juppé.

"Il faut donner toutes ses chances au plan Annan avec une force robuste de 500 personnes", a ajouté le ministre français des Affaires étrangères .

La résolution 2042 votée samedi dernier par le Conseil de sécurité a autorisé l'envoi d'une mission d'observateurs dans le cadre du plan d'application du cessez-le-feu élaboré par le diplomate Kofi Annan.

Mais les effectifs initialement projetés de 250 observateurs sont jugés insuffisants pour mener à bien leur mission.

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'Onu, qui a estimé dans un rapport au Conseil de sécurité que Damas ne s'était pas mis totalement en conformité avec les dispositions du plan de paix, a estimé cette semaine qu'il en faudrait au moins 300.

La Chine, qui s'est ralliée à la communauté internationale sur la résolution 2042 après avoir opposé son veto à deux précédents projets de résolution, a annoncé qu'elle était prête à contribuer à la mission.

Réunis jeudi à Paris, les ministres des Affaires étrangères du groupe des "Amis de la Syrie" ont constaté que la mission Annan traversait "une phase critique du fait du refus de Damas d'appliquer ses engagements", a dit Alain Juppé en présentant les conclusions de la réunion.

Ils "exigent des autorités syriennes qu'elles mettent immédiatement fin à la violence armée sous toutes ses formes", a-t-il ajouté.

Présente à Paris, la secrétaire américaine d'Etat Hillary Clinton a évoqué une résolution du Conseil de sécurité comprenant des sanctions si les observateurs étaient empêchés d'accomplir leur mission.

Ces sanctions pourraient inclure un embargo sur les armes et les déplacements ainsi que des mesures d'ordre économique, a-t-elle ajouté. (voir )

Avec Oliver Holmes aux Nations unies et Chris Buckley à Pékin, édité par Henri-Pierre André

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