La Serbie emprunte près d'un milliard d'euros au FMI

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par Ivana Sekularac BELGRADE, 20 novembre (Reuters) - Belgrade et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé un accord jeudi sur l'octroi à la Serbie d'un emprunt de précaution d'un montant de près d'un milliard d'euros sur trois ans après des mois d'incertitudes qui ont fragilisé le dinar. Le gouvernement serbe espère que ce prêt permettra d'apaiser les craintes que nourrissent les investisseurs à l'encontre du déficit et de la dette publique qui se sont envolés depuis le déclenchement de la crise financière mondiale. De fait, le dinar a rebondi dans la foulée de cette annonce, après avoir touché la semaine dernière des plus bas historiques contre l'euro. L'emprunt annoncé jeudi vient se substituer à un accord conclu en 2012, dénoncé ensuite par le FMI, la Serbie n'ayant pas tenu certains de ses engagements en matière de dépenses publiques. Le déficit budgétaire consolidé de la Serbie, qui intègre en plus du budget les emprunts des entreprises publiques et des banques, représente plus de 7% du PIB de la Serbie et le gouvernement espère limiter la dette publique à 70% de sa richesse. Zuzana Murgasova, chef de file de la délégation du FMI en Serbie, a précisé que l'accord devait encore être validé par le conseil d'administration du Fonds. Selon elle, l'objectif du prêt consenti est de contenir la hausse de l'endettement public et d'en inverser la courbe d'ici 2017. Le ministre serbe des Finances, Dusan Vujovic, a dit de son côté s'attendre à ce qu'il prenne effet à compter du 1er janvier, saluant au passage une "étape historique". Le gouvernement serbe a entrepris une cure d'austérité sévère pour enrayer ses déficits, sabrant début novembre dans les retraites et dans les salaires des fonctionnaires. Il est également prévu qu'il réduise dans son budget 2015 le montant des les subventions versées aux entreprises publiques. Dusan Vujovic a indiqué que le gouvernement vise près de 1,3 milliard d'euros d'économies d'ici 2017, date à laquelle il espère que le déficit consolidé sera revenu à 4,25% du PIB annuel. Le défi reste de taille, à plus forte raison au lendemain de la révision des prévisions économiques de la Banque nationale de Serbie qui table désormais sur une contraction du PIB de 2% cette année au lieu de celle de 0,5% qu'elle entrevoyait jusque là. Elle prévoit également une nouvelle contraction l'année prochaine. "La Serbie est un pays qui va devenir capable de s'enrichir et de garantir un niveau de vie normal à ses citoyens mais il nous faudra du temps pour y parvenir", a déclaré le Premier ministre Aleksandar Vucic lors d'une conférence de presse. "Le Fonds monétaire international pense que nous y parviendrons en 2017, nous pensons que nous y arriverons plus tôt." (Nicolas Delame pour le service français)

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  • LeRaleur le jeudi 20 nov 2014 à 18:55

    Vont rembourser comment ?

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