La santé retrouvée du marché immobilier suscite des interrogations

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Tous les voyants sont au vert : ventes en forte hausse et prix qui se redressent doucement. Pourtant, certains spécialistes craignent des hausses de prix localement fortes et une reprise artificielle dopée par les taux bas.

Au vu des statistiques, le marché immobilier français ne donne actuellement que des motifs de satisfaction. Avec 830.000 transactions réalisées en un an (à fin juin), on retrouve enfin le niveau moyen des bonnes années (de 1999 à 2007). Et la hausse globale des tarifs est tellement faible, que l’on peut parler de stabilité. Les prix des logements anciens en France publiés ce jeudi par l’Insee sont restés stables au deuxième trimestre 2016 par rapport au trimestre précédent, après trois trimestres de légère hausse, ramenant la progression annuelle à +0,7%.

Des signes très encourageants mais qui demandent à être nuancés. Ainsi, la hausse annuelle est bien plus prononcée en Ile-de-France (+1,4%) qu’en province (+0,5%) avec des pointes à +2,6% pour les appartements parisiens et +2,2% pour les maisons en Seine-Saint-Denis. Au deuxième trimestre, le mètre carré parisien s’affichait à 8100 euros et au vu des avant-contrats, il devrait pointer à 8260 euros en octobre. Plus très loin du record de juin 2012 à 8460 euros. Quant au prix des maisons, plus erratique il est vrai, il a reculé en moyenne de 0,3% à travers la France et de 0,4% en province.

Surchauffe à Paris?

Dans un contexte où la reprise économique se fait toujours attendre et où l’inflation est quasi nulle, les hausses de prix parfois importantes sur certaines transactions, surtout parisiennes, ont poussé certains professionnels, dont Laurent Vimont, président du réseau Century 21, à évoquer dès cet été un risque de «surchauffe» du marché parisien.

«Surchauffe, c’est une expression pour faire vendre, balaie Me Thierry Delesalle, notaire à Paris. Nous considérons plutôt que les prix restent stables, la situation n’a rien à voir avec les bonds de 15 à 20% que nous avons connu dans les années 2010.» Optimiste et confiant dans l’avenir, il se contente de souligner «Le moteur des ventes est allumé mai 2015 et le carburant (des taux, NDLR) est de moins en moins cher: tout le monde monte dans la voiture.» Selon lui, les professionnels observent un vrai retour de la confiance dans la pierre. «Il y a un effet de rattrapage après 3 ou 4 années difficiles, il n’y a pas de raison que la tendance change d’autant que le marché en Ile-de-France est resté un marché d’utilisateurs et n’est pas spéculatif.»

Retrouvez ici, les prix des notaires en Ile-de-France

Plus mesuré, Sébastien de Lafond, cofondateur de la plateforme Meilleurs Agents préfère garder des guillemets lorsqu’il évoque la «bonne santé» du marché. Selon ses indicateurs la demande immobilière est bien plus faible qu’en 2011, sur tout le territoire, et donc les prix devraient baisser. «Cette bonne santé ne repose sur aucun des fondamentaux immobiliers que sont l’emploi, la vitalité démographique ou l’amélioration du cadre de vie, explique-t-il. Ce marché est entièrement sous perfusion des taux bas et ces hausses de prix ne sont qu’un effet de bord de la politique de la BCE.»

Quant au volume de ventes lui-même, il ne serait pas totalement satisfaisant. Car si l’on a retrouvé le nombre de transactions du début des années 2000, le nombre de ménages a progressé de 10% entre-temps. «Il manque près de 80.000 transactions pour une fluidité comparable», reconnaît Thierry Delesalle. Cette fois-ci, c’est Sébastien de Lafond qui est plus optimiste, calculant qu’il faudrait 20.000 transactions supplémentaires pour atteindre le niveau de 3 ventes annuelles pour 100 ménages, seuil qu’il estime nécessaire à un marché fluide.

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  • fortunos il y a 7 mois

    l auteur de cet article du journal du multimillardaire n apprecie pas que le secteur soit en bonne sante,on sent qu il aimerait qu il soit en crise!!!