La saga parlementaire du mariage gay proche du dénouement

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VERS L'ÉPILOGUE PARLEMENTAIRE POUR LE "MARIAGE POUR TOUS"
VERS L'ÉPILOGUE PARLEMENTAIRE POUR LE "MARIAGE POUR TOUS"

PARIS (Reuters) - Les députés français ont amorcé mercredi l'épilogue parlementaire du "mariage pour tous" avec l'examen en seconde lecture du projet de loi, qui cristallise toujours une vive contestation à droite et dans la rue.

L'opposition de droite ne se fait guère d'illusion sur l'adoption du texte, pour lequel un vote solennel est prévu mardi, mais entend batailler jusqu'au bout.

L'UMP et ses alliés réfléchissent désormais à un recours devant le Conseil constitutionnel après le vote du projet de loi, qui a été adopté lundi en commission des Lois.

Les débats dans l'hémicycle ont débuté à 17h00. En première lecture, les joutes avaient duré 110 heures. Le gouvernement a demandé l'application du "temps législatif programmé", une procédure instaurée par la précédente majorité qui fixe à l'avance la durée des discussions, afin de limiter les débats à 25 heures.

Une accélération inacceptable du calendrier pour la droite qui dénonce un passage en force, de même que le collectif "La Manif pour tous" qui a décidé d'une nouvelle manifestation dimanche à Paris sous le slogan "Ils accélèrent, on accélère", peut-être le 23 avril, avant des rassemblements les 5 et 26 mai.

"Logiquement, avant le week-end c'est une affaire qui devrait être entendue", a déclaré à Reuters le président de la commission des Lois.

Pour Jean-Jacques Urvoas, il n'y a pas de raison que l'Assemblée modifie le texte adopté à main levée par le Sénat, et les députés pourraient faire un "conforme" (vote conforme). Les débats s'achèveraient ainsi vendredi soir.

"Ça n'amoindrira pas notre combativité", a déclaré le député UMP Philippe Gosselin à Reuters. "Le message que l'on veut envoyer à l'extérieur c'est : 'Tenez bon', la mobilisation citoyenne est très forte, il ne faut pas la relâcher".

LE TEMPS DES CERISES

Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, estime que "les Français veulent qu'on en finisse". Il a souhaité que les débats dans l'hémicycle "ne nourrissent pas de violences à l'extérieur".

"Le débat républicain doit l'emporter", a souligné mercredi la porte-parole du gouvernement, Najat-Vallaud Belkacem, alors que des rassemblements des anti-mariage gay sont prévus chaque soir à 19h00 près de l'Assemblée nationale.

Gauche et droite se renvoient la responsabilité des débordements qui ont marqué le défilé parisien de "La Manif pour tous" le 24 mars ou des "comités d'accueil" organisés par des opposants contre des ministres et des personnalités favorables à cette promesse de campagne de François Hollande.

L'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin a accusé mercredi sur RTL le gouvernement de "diviser les Français" et a évoqué "une menace de chienlit" dans le pays. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a estimé mardi que le texte ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels préparait "une société de violence".

Jean-Marc Ayrault a lancé mercredi un appel aux responsables de la droite pour qu'ils contribuent "à apaiser le climat et non pas à le tendre".

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a pour sa part stigmatisé les "cracheurs de haine, ceux qui font acte de violence, qui insultent des élus", "ces factieux qui mettent en question les prérogatives" du Parlement.

"Le gouvernement exprime sa détermination à conduire ce texte à son terme avec une réelle majorité", a-t-elle ajouté.

La ministre, qui avait émaillé les premiers débats de références poétiques et littéraires, a conclu son intervention dans l'hémicycle en fredonnant le premier couplet du "Temps des cerises" où les amoureux ont "du soleil au coeur".

Emile Picy et Sophie Louet, édité par Patrick Vignal

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  • pclbaud le mercredi 17 avr 2013 à 19:22

    cher ghysko; puis-je vous rappeler que ce droit est déjà donné aux hétéro si c'(est ce qui vous choque? allors supprimons le pour tous, puis-que telle est votre inquiétude. Mais le probléme de fonds est l'égalité entre tous... et ca ca vaut plus que tout

  • M8869453 le mercredi 17 avr 2013 à 16:32

    La violence physique a été minimisée au maximum dans nos sociétés... Les violences institutionnelles, par lesquelles on porte atteinte aux droits des plus faibles, sont 100 fois plus criminelles.

  • manx750 le mercredi 17 avr 2013 à 16:25

    @M8043631 : Peut être mais les enfants achetés ou fabriquées en eprouvette ne retrouveront jamais leurs ascendants légitimes ni leur histoire familiale passée ... On leur supprime des droits inaliénables avant leur naissance à venir ! Vive le progrès Vive le meilleur des Monde ! Vive la Hollandie !

  • M8043631 le mercredi 17 avr 2013 à 16:15

    Ouf pour distraire les foules ça commençait à bien faire la barjot et son copain Karl Zéro vont pouvoir enfin verser au denier du culte; rose et bleu sont dans l'arc en ciel et en ciel dieu retrouvera les chiens.