La Russie veut être le référent du conflit au Haut-Karabakh

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    EREVAN/MOSCOU, 7 avril (Reuters) - La Russie s'est affirmée 
jeudi dans son rôle d'acteur clé du règlement du conflit entre 
l'Azerbaïdjan et l'Arménie concernant la région séparatiste du 
Haut-Karabakh, espérant asseoir son influence dans une région où 
elle est en concurrence avec Washington. 
    Après quatre jours de combats intenses au Haut-Karabakh, un 
cessez-le-feu a été conclu mardi lors d'une réunion qui s'est 
tenue à Moscou entre les séparatistes, qui souhaitent le 
rattachement à l'Arménie, et les forces azerbaïdjanaises. 
    Jeudi, lors d'une visite à Bakou, dans la capitale 
azerbaïdjanaise, le ministre russe des Affaires étrangères, 
Sergueï Lavrov, a insisté sur le rôle de médiateur spécial que 
souhaite jouer son pays. 
    "Cela ne fait pas de doute, nous sommes intéressés, 
peut-être plus que les autres partenaires étrangers de ces deux 
pays, à ce que ce conflit soit réglé aussi vite que possible", a 
déclaré le chef de la diplomatie russe après une réunion avec 
son homologue azerbaïdjanais. 
    Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les Etats-Unis 
et l'Europe travaillent à établir des liens avec les pays du 
Caucase du Sud, à savoir l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie, 
région considérée comme stratégiquement importante du point de 
vue énergétique. 
    Lavrov a indiqué que le président russe Vladimir Poutine 
s'était du reste entretenu avec les dirigeants arméniens et 
azerbaïdjanais pour les appeler à mettre fin aux violences. Le 
Premier ministre, Dmitri Medvedev, s'est pour sa part rendu en 
Arménie et est attendu vendredi en Azerbaïdjan. 
     
    REPRENDRE LA MAIN 
    Après avoir rencontré son homologue arménien, Medvedev a 
indiqué que la Russie souhaitait continuer à faire usage de son 
influence pour jouer les médiateurs. 
    "La chose principale est d'éviter que le conflit n'entre 
dans une phase aiguë parce que cela pourrait avoir les 
conséquences les plus tragiques pour la région", a-t-il déclaré 
aux journalistes. 
    Moscou est préoccupé par la situation, a-t-il ajouté en 
disant espérer que le cessez-le-feu soit respecté. 
    Jeudi, chaque camp a accusé l'autre de violation de la trêve 
lors des heurts qui se sont produits dans la nuit.  
    Les affrontements pour le contrôle du Haut-Karabakh, région 
peuplée en majorité d'Arméniens, ont fait 30.000 morts en 1991, 
lors de l'effondrement de l'Union soviétique. Malgré le 
cessez-le-feu entré en vigueur en 1994, des combats ont lieu par 
intermittence sur la "ligne de contact".      
    Selon Matthew Bryza, ancien ambassadeur des Etats-Unis en 
Azerbaïdjan et coprésident du groupe de Minsk, l'organisme de 
médiation créé en 1994 pour le conflit du Haut-Karabakh, Poutine 
voit dans cette résurgence du conflit une occasion de reprendre 
la main. 
    Depuis la reprise des combats samedi, souligne-t-il, la 
Russie a agi distinctement des Etats-Unis et de la France, les 
autres grands acteurs du groupe de Minsk. "Le but de la Russie 
dans sa médiation solitaire semble être double. Premièrement, 
restaurer sa réputation internationale en relation avec sa 
débâcle en Ukraine, et deuxièmement, renforcer l'impression en 
Arménie et en Azerbaïdjan que c'est la Russie qui mène la danse 
dans le Caucase du Sud", ajoute-t-il. 
 
 (Denis Diomkine et Christian Lowe; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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