La Russie se protège en intervenant en Syrie, dit Poutine

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    MOSCOU, 11 décembre (Reuters) - Vladimir Poutine a déclaré 
vendredi que l'intervention militaire russe en Syrie visait à 
protéger la sécurité nationale de la Russie, ajoutant avoir 
ordonné à l'armée d'agir "très durement" contre toute menace la 
visant. 
    Le chef du Kremlin a estimé que les frappes aériennes et les 
missiles de croisière tirés par la marine russes avaient infligé 
depuis le 30 septembre de sérieux dommages aux infrastructures 
du groupe Etat islamique (EI), que Moscou dit bombarder. 
    Prenant la parole après Poutine, le ministre de la Défense, 
Sergueï Choïgou, a pourtant affirmé que l'EI ne cessait 
d'étendre son influence en Syrie, dont il contrôlerait selon ses 
calculs 70% du territoire. 
    Il a estimé à 60.000 le nombre de combattants djihadistes et 
prévenu que le conflit syrien risquait de déborder dans les 
ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, menaçant ainsi 
directement la Russie. 
    Evoquant l'EI mais peut-être aussi implicitement la Turquie, 
qui a abattu un Soukhoï russe qui serait entré dans son espace 
aérien fin novembre, Vladimir Poutine a prévenu que l'armée 
avait carte blanche pour se défendre. 
    "Toute cible menaçant notre armée ou notre territoire doit 
être immédiatement détruite", a-t-il martelé. 
    Les pays occidentaux reprochent à Moscou de ne pas faire de 
distinction entre les groupes djihadistes comme l'EI et le Front 
al Nosra, lié à Al Qaïda, et les mouvements rebelles "modérés" 
qui combattent aussi bien l'EI que le régime de Damas. 
    Réagissant à la déclaration adoptée jeudi par les opposants 
syriens réunis en Arabie saoudite, qui ont notamment exigé le 
départ de Bachar al Assad et promis la création d'un Etat non 
confessionnel et inclusif (voir  ID:nL8N13Z3CA ), le 
porte-parole de Vladimir Poutine avait répété plus tôt dans la 
matinée la position officielle du Kremlin selon laquelle il 
appartient au peuple syrien de décider de l'avenir de son 
président. 
    "C'est aux Syriens de discuter du sort d'Assad, pas à la 
Russie", a déclaré Dmitri Peskov à la presse. 
    "Les efforts se concentrent désormais sur l'établissement 
d'une liste des organisations qui doivent être considérées comme 
terroristes et de celles qui appartiennent à l'opposition 
modérée et peuvent faire partie d'une solution politique. Il y a 
des désaccords entre certains pays (mais) les positions se 
rapprochent", a-t-il rappelé. 
 
 (Maria Kiselyova, Vladimir Soldatkin et Maria Tsvetkova; Tangi 
Salaün pour le service français) 
 
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