La Russie répond à Strasbourg du massacre de Beslan

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STRASBOURG, 14 octobre (Reuters) - La Russie a été mise en accusation mardi devant la Cour européenne des droits de l'homme pour sa mauvaise gestion de la prise d'otages dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, qui s'était soldée par la mort de 334 civils dont 186 enfants en 2004. Sept-cent cinquante personnes avaient aussi été blessées dans cette attaque perpétrée un jour de rentrée des classes. Les 447 victimes ou parents de victimes qui ont porté plainte à Strasbourg reprochent à Moscou de n'avoir pas anticipé le coup de force des indépendantistes tchétchènes, puis d'avoir employé des moyens inappropriés pour en venir à bout. Ils dénoncent également l'absence d'enquête approfondie sur les responsabilités des force de l'ordre, autant de griefs qui constituent selon eux des violations du "droit à la vie" de leurs proches garanti par l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les forces russes avaient donné l'assaut le 3 septembre en tirant des obus de char et en utilisant des lance-flammes après que les activistes avaient déjà tué plusieurs otages et menacé les autres d'exécution. "L'objectif d'une telle opération n'était pas de libérer les otages mais de tuer les terroristes", a affirmé Serguey Kniazkine, l'un des avocats des requérants. Tous les décès ont été attribués aux combattants tchétchènes par l'enquête officielle sans que des autopsies approfondies soient menées, a-t-il dénoncé. Il a rappelé que onze heures après l'assaut, les décombres de l'école étaient déblayés par les pelleteuses, quand le site des tours jumelles de New-York avait été "bouclé" pendant six mois par les autorités américaines après l'attentat du 11 septembre 2001. Cent-seize victimes ont péri dans l'incendie du gymnase où elles étaient détenues, "parce qu'il n'y avait pas assez d'eau et pas assez d'engins sur place", a affirmé Jessica Gavron, une autre avocate. Le représentant du gouvernement russe s'est refusé à "engager une polémique juridique avec les requérants". "Les autorités russes se sont vu confrontées à des missions d'une complexité sans précédent", a affirmé Georgy Matiouchkine en rappelant que les assaillants étaient munis d'armes lourdes et détenaient plus d'un millier d'otages. "L'intention des terroristes de mourir avec les otages a été mise en évidence dans un dernier échange téléphonique avec un responsable du FSB (les services secrets russe) et leurs revendications ne pouvaient pas être satisfaites", a-t-il ajouté. L'arrêt de la Cour devrait être rendu d'ici quelques mois. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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  • M3182284 le mardi 14 oct 2014 à 16:12

    ça arrive maintenant que Poutine est méchant; quand c'était Bush le méchant Strasbourg se moquait de ce qui arrivait en Russie. Un jour il faudra mesurer la contribution du parlement européen, en dehors de faire vivre quelques dizaines de salons de massages autour des locaux.

  • mjjmimi le mardi 14 oct 2014 à 15:35

    On peut faire confiance aux Russes pour la finesse de leur réaction...