La Russie relance les exportations de caviar d'élevage 

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Le caviar russe devrait faire son retour dans les assiettes européennes, après neuf ans d'interruption. L'Agence fédérale de la pêche espère rattraper son retard sur la France ou l'Italie et concurrencer la Chine.

Dans les tout prochains jours, le caviar russe devrait refaire son apparition dans l'assiette du consommateur européen... fortuné. C'est en tout cas l'ambition des autorités russes qui ont décidé de reprendre la réexportation vers l'Union européenne de ce produit de luxe, après neuf ans d'interruption. Dans un premier temps, seulement 150 kg devraient être commercialisés. «Il s'agit d'un volume symbolique. Dans les cinq ans qui viennent, nous pensons pouvoir exporter 200 à 300 tonnes», annonce fièrement Alexandre Saveliev, directeur des relations publiques de l'Agence fédérale de la pêche.

En 2002, confrontés à un risque de disparition de l'espèce, les États riverains de la mer Caspienne, où sont concentrés 80 % des stocks mondiaux, avaient introduit un moratoire sur la pêche à l'esturgeon, puis l'avaient assorti de quotas très stricts. Ce moratoire de la Caspienne sera bientôt renouvelé pour les cinq prochaines années. Se présentant comme plus vertueuse que les autres, la Russie était allée jusqu'à interdire l'exportation de l'œuf, et donc du produit fini. Durant cette période, le braconnage et le marché noir, aujourd'hui évalué à près d'un milliard de dollars (730 milliards d'euros), ont prospéré. En revanche, l'élevage d'esturgeon - parfaitement légal - s'est considérablement développé, y compris d'espèces russes, comme le célèbre béluga, vendu 12 000 euros le kilo.

Esturgeon sauvage

Aujourd'hui, l'Italie, les États-Unis, la France et la Chine comptent parmi les premiers producteurs mondiaux de caviar d'élevage, loin devant la Russie qui espère refaire son retard. Pour ce faire, des fermes d'élevage ont été implantées dans les régions de Kalouga (200 kilomètres à l'est de Moscou), Rostov (sud), Astrakhan (dans le delta de la Volga) et Novossibirsk (Sibérie). Moscou compte s'appuyer sur ces implantations pour faire revivre le caviar «Made in Russia» et montrer à ses clients que « [nous] sommes les meilleurs ». Parallèlement, afin d'endiguer la concurrence de la Chine, les autorités souhaitent reprendre la pêche de l'esturgeon sauvage, en particulier dans le gigantesque fleuve Amour qui irrigue à la fois la Russie et l'empire du Milieu. «Nous avons unilatéralement interdit la pêche à l'esturgeon et pendant ce temps que fait la Chine ? Elle extermine l'espèce !», se plaint Alexandre Saveliev.

Pour Armen Petrossian, patron de la célèbre maison éponyme, le retour sur le marché sera très difficile. «Aujourd'hui, la Russie ne vend pas un bon produit, tout simplement parce qu'elle a raté le tournant de l'élevage au début des années 2000 », estime le détaillant de caviar. Pas suffisant, en tout cas, pour faire baisser les prix.

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