La Russie réagit à l'avertissement d'Obama sur la Syrie

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LA RUSSIE RÉPLIQUE À L?AVERTISSEMENT D?OBAMA SUR LA SYRIE
LA RUSSIE RÉPLIQUE À L?AVERTISSEMENT D?OBAMA SUR LA SYRIE

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - La Russie a mis en garde mardi les Occidentaux contre une action unilatérale en Syrie au lendemain de déclarations du président américain Barack Obama pour qui tout déploiement ou recours aux armes chimiques par le régime de Damas constituerait une "ligne rouge".

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères, a déclaré, après une rencontre avec un haut responsable chinois, que Moscou et Pékin fondaient leur coopération diplomatique sur "la nécessité d'adhérer à la charte de l'Onu et de ne pas autoriser sa violation".

Moscou et Pékin s'opposent à toute intervention militaire étrangère en Syrie, théâtre de violents affrontements entre l'armée et les opposants au président syrien Bachar al Assad depuis 17 mois.

Les Etats-Unis, jusqu'à présent réticents à l'idée d'une intervention militaire, ont durci hier leur discours par la voix du président Barack Obama, qui a affirmé que le déploiement ou l'utilisation d'armes chimiques par Bachar al Assad constitueraient une "ligne rouge".

Barack Obama, qui a souligné qu'il n'avait pas "encore" ordonné une intervention militaire américaine en Syrie, a affirmé qu'il y aurait "des conséquences énormes" si Bachar al Assad ne parvenait pas à protéger ses armes de destruction massives.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a reconnu implicitement, pour la première fois, l'existence d'un arsenal chimique en juillet, ce qui a provoqué l'inquiétude de la communauté internationale, notamment Israël qui craint que les armes soient récupérées par les chiites libanais du Hezbollah.

Selon le site internet américain Global Security, il y aurait quatre sites d'armes chimiques en Syrie: l'un juste au nord de Damas, le deuxième près de la ville industrielle de Homs, le troisième à Hama, qui produit, estime-t-on, les gaz neurotoxiques VX, sarin et tabun ainsi qu'un quatrième près du port méditerranéen de Lattaquié..

"ZONE SÉCURISÉE"

Les Etats-Unis restent cependant peu enclins à une intervention militaire, telle la création d'une zone d'exclusion aérienne, qui n'est pas "une priorité", selon des propos tenus la semaine dernière par Leon Panetta, secrétaire à la Défense.

Les suppositions sur la mise en place d'une telle zone ont pourtant été relancées lundi par le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui a suggéré la création par les Nations unies d'une "zone de sécurité" à l'intérieur de la Syrie pour éviter un nouvel afflux de réfugiés, qui sont déjà 70.000 en Turquie.

Sur le terrain syrien, selon des chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et soutien de l'opposition, les combats ont tué 200 personnes lundi, quelques heures après l'expiration du mandat de la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (Misnus).

La plupart des observateurs militaires de l'Onu avaient quitté mardi le territoire syrien au terme d'une mission de quatre mois qui s'est révélée totalement inefficace.

Une journaliste japonaise est décédée des suites de ses blessures après avoir été prise pour cible lors d'affrontements mardi à Alep, a également rapporté l'OSDH.

Mika Yamamoto, 45 ans, journaliste à l'agence indépendante Japan Press, a été mortellement blessée alors qu'elle voyageait avec des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), par des tirs que l'un de ses collègues a attribués aux forces pro-Assad.

La fracture entre la majorité sunnite qui domine la rébellion et la minorité alaouite, à laquelle appartient Bachar al Assad, a également été à l'origine d'affrontements dans le nord du Liban voisin, dans la nuit de lundi à mardi.

Un homme a été tué dans des heurts entre sunnites et alaouites dans la ville de Tripoli, a-t-on appris mardi de sources médicales et sécuritaires locales, qui ont précisé qu'une dizaine de soldats et une quarantaine de civils avaient été blessés.

Sergueï Lavrov a également reçu mardi à Moscou une délégation syrienne conduite par le vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques, Qadri Djamil. Ce dernier s'est elevé, selon l'agence Interfax, contre les "ingérences extérieures (...) qui entravent les efforts menés par les Syriens eux-mêmes pour régler le problème".

Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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  • LeRaleur le mardi 21 aout 2012 à 16:43

    Oblabla a parlé, Poutine a répondu : va te faire....

  • gjack le mardi 21 aout 2012 à 16:06

    c'est que les marchands d'armes commencent à trouver le temps long..

  • dupon666 le mardi 21 aout 2012 à 15:58

    on va l'avoir notre petit feu d'artifice à la fin..