La Russie propose onze heures de trêve quotidienne à Alep sur quatre jours

le , mis à jour à 22:53
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    * L'Onu espère pouvoir évacuer plusieurs centaines de 
blessés ce vendredi 
    * Pour Staffan de Mistura, ces pauses sont une réponse à la 
requête humanitaire des Nations unies 
    * Les conditions d'un accord sur Alep-Est ne sont pas 
réunies 
 
    par Tom Miles et Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 20 octobre (Reuters) - La Russie a informé jeudi les 
Nations unies que son aviation cesserait de bombarder les 
quartiers de l'est d'Alep aux mains des insurgés pendant quatre 
jours à raison de onze heures par jour, mais pour l'Onu, ces 
pauses ne suffisent pas à conclure un accord sur l'évacuation 
des insurgés. 
    L'armée syrienne a annoncé de son côté qu'un cessez-le-feu 
unilatéral soutenu par la Russie était entré en vigueur jeudi 
pour permettre à la population civile de quitter Alep-Est, 
initiative qu'ont rejetée les insurgés.  
    Ils y voient un piège tendu par Damas et Moscou pour vider 
Alep-Est de ses habitants et donner l'assaut contre les rebelles 
pour les contraindre à la reddition.   
    A Genève, Jan Egeland, conseiller aux affaires humanitaires 
de l'Onu pour la Syrie, a déclaré que les Russes avaient dit 
"onze heures par jour, et quatre jours à compter de ce jour, 
jeudi". Il a ajouté que des discussions étaient en cours avec la 
Russie pour ajouter une journée supplémentaire. 
    La Russie, a-t-il poursuivi devant la presse, avait 
initialement proposé une pause quotidienne de huit heures, un 
délai trop court selon l'Onu pour pouvoir évacuer des blessés et 
acheminer de l'aide aux quartiers assiégés. 
    Moscou n'a pas officialisé l'instauration de ces quatre 
jours de trêves temporaires. Mais le ministère russe de la 
Défense a indiqué que le président Vladimir Poutine avait 
ordonné que la trêve de onze heures décrétée jeudi, qui devait 
expirer dans l'après-midi, serait prolongée de 24 heures. 
    A Bruxelles, où se sont réunis pour deux jours les chefs 
d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, des 
responsables européens se sont demandés si cette initiative 
russe n'avait pas été calculée pour écarter le risque de 
nouvelles sanctions européennes. 
    Dans le projet de conclusions que Reuters s'est procuré 
jeudi soir, les Vingt-Huit "condamnent vivement les attaques 
menées par le régime syrien et ses alliés, notamment la Russie, 
contre des civils à Alep". 
    Ils ajoutent qu'ils envisageront des sanctions 
supplémentaires contre des individus ou des entités soutenant 
Bachar al Assad "si les atrocités se poursuivent", poursuit le 
texte - qui ne mentionne pas spécifiquement la Russie dans cette 
partie sur des sanctions.   
     
    ÉVACUATIONS MÉDICALES 
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, 
et le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, se sont 
parallèlement entretenus par téléphone de la crise syrienne, 
rapporte le ministère russe des Affaires étrangères dans un 
communiqué. 
    Les deux hommes ont discuté de mesures visant à normaliser 
la situation à Alep-Est. 
    Selon la Russie, l'arrêt des bombardements sur Alep peut 
permettre l'évacuation des combattants islamistes du Front Fatah 
al Cham, nouvelle appellation du Front al Nosra, dans le cadre 
d'un accord suggéré par Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de 
l'Onu pour la Syrie. 
    Mais ce dernier, qui estime à 900 le nombre de combattants 
de l'ex-Front al Nosra présents à Alep-Est, a indiqué qu'il 
regardait plutôt ces pauses comme une réponse à la requête de 
l'Onu visant à procéder des évacuations médicales. 
    Quant à sa proposition, a-t-il dit, elle requiert davantage 
de conditions. 
    "Le paquet est clair, Al Nosra doit déclarer qu'il est prêt 
à partir, ou d'autres peuvent le faire en son nom, et, dans le 
même temps, il doit y avoir un engagement du gouvernement 
(syrien) à respecter l'administration locale", a-t-il poursuivi. 
    "Séparons ces deux choses. Aujourd'hui, nous envisageons une 
évacuation médicale, ou un soutien médical. Les prochaines 
étapes font partie d'un paquet plus large qui doit être mis en 
place." 
    Jan Egeland a par ailleurs exprimé l'espoir que "plusieurs 
centaines" de malades et de blessés puissent être évacués ce 
vendredi vers la partie occidentale de la ville aux mains des 
forces gouvernementales ou dans la province d'Idlib, tenue par 
l'opposition armée, suivant leur choix. 
     
    VOIR AUSSI 
    CHRONOLOGIE de la bataille d'Alep:  L8N1C563D  
 
 (avec Suleiman Al-Khalidi à Amman et Robbin Emmot et Jan 
Strupcewski à Bruxelles; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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  • mucius il y a un mois

    Reposté car censuré : Au lieu de dépenser sans compter pour faire la guerre la Russie ferait mieux de soigner les Russes. Voir article Le Monde : "En Russie, les malades du cancer préfèrent mourir. Seuls 20 % des malades en phase terminale ayant besoin d’antidouleur ont accès à un traitement." http://www.lemonde.fr/sante/article/2016/10/19/en-russie-les-malades-du-cancer-preferent-mourir_5016543_1651302.html#QUao7gBgXqQT03SU.99