La Russie menacée de sanctions après un rapport sur le dopage

le , mis à jour à 23:34
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 (Actualisé avec suspension du vice-ministre des Sports, 
déclaration du ministre des Sports) 
    TORONTO, 18 juillet (Reuters) - A moins de trois semaines 
des Jeux de Rio, le Comité international olympique (CIO) a 
promis lundi "les sanctions les plus dures" après la publication 
d'un rapport selon lequel Moscou a dissimulé les tests 
antidopage de sportifs russes dans de multiples disciplines 
avant les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. 
    Le CIO n'a pas précisé quelle réponse il apporterait aux 
multiples appels à bannir la totalité des sportifs russes des JO 
en étendant les mesures qui frappent déjà les équipes 
d'athlétisme et d'haltérophilie.  
    Mais son président, Thomas Bach, a déclaré que l'enquête 
indépendante menée par l'Agence mondiale antidopage (AMA) avait 
révélé "une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité 
du sport et des Jeux olympiques". 
    "Le CIO n'hésitera pas à prendre les sanctions les plus 
dures contre tout individu ou organisation impliqués", a-t-il 
déclaré dans un communiqué, précisant que la direction du CIO 
adopterait ses premières décisions mardi.  
    L'AMA a quant à elle explicitement appelé le CIO à envisager 
de bannir tous les sportifs russes des JO de Rio. 
    L'enquête de l'AMA, dévoilée lors d'une conférence de presse 
à Toronto, affirme qu'un laboratoire de Moscou a couvert le 
dopage des athlètes russes, en échangeant les échantillons 
d'urine des athlètes dopés contre des échantillons sains. 
    L'avocat canadien qui a dirigé le rapport, Richard McLaren, 
assure que le ministre russe des Sports a supervisé cette 
manipulation. Selon lui, le personnel du laboratoire était 
obligé de participer à ce système de dopage d'Etat.  
     
    UN VICE-MINISTRE SUSPENDU 
    L'enquête de la commission fait suite aux accusations de 
l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, Grigori 
Rodchenkov, qui avait révélé il y a deux mois au New York Times 
que des dizaines d'athlètes russes, dont quinze médaillés, 
avaient utilisé des produits dopants et faussé les résultats de 
leurs contrôles, avec le soutien des autorités sportives.  
    Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que le 
rapport de l'AMA ne s'appuyait que sur le témoignage d'un seul 
homme et que le mouvement olympique était menacé d'éclatement. 
    Dans un communiqué publié par le Kremlin, le chef de l'Etat 
russe a ajouté que les responsables russes cités par le rapport 
seraient suspendus à titre temporaire mais il a réclamé à l'AMA 
des informations plus détaillées et "objectives". 
    Le vice-ministre des Sports Iouri Nagornykh, dont le nom 
apparaît dans le rapport, a été suspendu, a annoncé le 
gouvernement quelques heures plus tard.  
    Selon le rapport, Nagornykh était informé depuis 2011 de 
tous les résultats positifs des tests antidopage et décidait 
"qui pouvait être couvert et qui ne bénéficiait pas d'une 
protection". 
    De nombreuses organisations sportives, dont l'agence 
antidopage américaine, ont appelé à bannir la Russie des JO de 
Rio, qui auront lieu du 5 au 21 août.  
    Le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, a déclaré à 
l'agence Tass espérer que le CIO trancherait de manière 
objective.  
    "J'espère que le CIO, en prenant sa décision, sera guidé par 
le bon sens et prendra en considération le fait qu'il n'y a pas 
de confirmation concrète de violation par tel ou tel athlète", 
a-t-il dit.  
     
 
 (Steve Keating, Laura Martin pour le service français, édité 
par Simon Carraud et Marc Angrand) 
 
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