La Russie envoie plus de matériel en Syrie qu'elle n'en retire

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    par Maria Tsvetkova 
    MOSCOU, 30 mars (Reuters) - Depuis le 14 mars, quand 
Vladimir Poutine a annoncé un retrait partiel des forces russes 
de Syrie, le trafic maritime toujours aussi soutenu, voire 
encore plus intense, entre la Russie et le port syrien de 
Tartous laisse penser que le Kremlin a envoyé sur place plus de 
matériel qu'il n'en a retiré, selon une enquête menée par 
Reuters. 
    Le "Syrian Express", surnom donné à cette noria qui assure 
le ravitaillement de l'armée de Bachar al Assad et du contingent 
russe toujours en Syrie, se poursuit sans trêve. Et la Russie a 
souligné qu'elle était en mesure, si nécessaire, de renforcer en 
quelques heures seulement ses forces sur le terrain. 
    Les Russes maintiennent une présence navale, qui remonte à 
l'époque soviétique, dans le port syrien de Tartous. Ils ont 
également une base aérienne, récemment agrandie, près de la 
ville de Hmeymime.  
    "La majeure partie des forces russes de Syrie est stationnée 
dans ces deux bases et doit être ravitaillée. Il faut aussi 
poursuivre l'aide à l'armée syrienne, il n'y a donc aucune 
raison de voir le trafic maritime marquer le pas", déclare 
Mikhaïl Barabanov, membre du groupe de réflexion CAST, 
spécialisé dans les questions militaires et dont le siège est à 
Moscou. 
    Dans les jours qui ont suivi l'annonce de Poutine à la 
mi-mars, la Russie a bien retiré de Syrie environ la moitié de 
ses avions de combat, dont le nombre était estimé à trente-six. 
Lundi dernier, la télévision russe a montré des images du 
retrait de trois hélicoptères d'attaque. 
     
    PRÉSENCE NAVALE RENFORCÉE  
    Mais l'examen du trafic maritime, notamment du passage des 
navires russes à travers le détroit du Bosphore, suggère que les 
Russes ont en fait renforcé leur présence navale au large de la 
Syrie. 
    Il y aurait actuellement, selon les médias russes et la 
presse spécialisée, une douzaine de bâtiments de la marine russe 
en Méditerranée, notamment le Zeleni Dol, un navire équipé de 
missiles de croisière Kalibr. 
    Depuis la mi-mars, deux navires de débarquement, le Caesar 
Kounikov et le Saratov, ont également été dépêchés en 
Méditerranée, de même que le cargo auxiliaire Yauza. 
    Le Saratov, qui a franchi le Bosphore jeudi dernier en 
direction de la Syrie, semblait assez lourdement chargé. 
    Deux autres navires de guerre, l'Alexandre Otrakovski et le 
Minsk, ainsi que le bâtiment auxiliaire Dvinitsa-50, sont 
retournés la semaine dernière en Russie. L'Alexandre Otrakovski 
et le Dvinitsa-50 ne semblaient avoir aucun chargement lourd, 
contrairement au voyage aller. 
    Depuis, le Minsk a de nouveau appareillé pour la Syrie. 
    Le trafic des navires de commerce entre les deux pays ne 
montre pas non plus de baisse de régime. 
    Durant les deux semaines précédant l'annonce surprise de 
Poutine le 14 mars, quatre cargos avaient fait escale en Syrie. 
Un cinquième navire, le ferry Alexandre Tkatchenko, qui 
transportait des camions militaires, les y a probablement 
rejoints. Et depuis deux semaines, cinq navires marchands, dont 
un pétrolier, ont également gagné la côte syrienne. 
 
 (Avec Jonathan Saul; Guy Kerivel pour le service français) 
 
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