La Russie dénonce à l'Onu les projets d'intervention turque

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    NATIONS UNIES, 20 février (Reuters) - La Russie a demandé 
vendredi au Conseil de sécurité de lancer un appel au respect de 
la souveraineté de la Syrie, à l'arrêt des bombardements et 
incursions transfrontaliers et à l'abandon des projets 
d'intervention étrangère dans le pays. 
    Moscou a fait circuler un court projet de résolution parmi 
les membres de l'instance suprême des Nations unies en réaction 
au projet brandi par la Turquie d'envoyer des troupes au sol en 
Syrie, même s'il ne mentionne explicitement aucun pays.  
    Les Quinze se sont réunis dans l'après-midi pour étudier le 
texte, mais les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui 
disposent d'un droit de veto, ont clairement fait comprendre 
qu'il n'avait aucun avenir. 
    "Plutôt que d'essayer de distraire le monde avec cette 
résolution (...), ce serait bien que la Russie applique la 
résolution qui a déjà été votée", a déclaré la représentante 
permanente des Etats-Unis auprès de l'Onu, Samantha Power.  
    Elle faisait référence à la résolution 2254 adoptée à 
l'unanimité le 18 décembre et prévoyant la mise en place d'une 
cessation des hostilités et d'un gouvernement de transition.  
    Dans le projet russe de résolution, que Reuters a pu 
consulter, le Conseil "s'alarme des informations faisant état 
d'une escalade militaire et de préparatifs destinés à lancer une 
invervention étrangère au sol sur le territoire de la République 
arabe syrienne".  
    Le texte réclame que les Etats "s'abstiennent de toute 
discours provocateur et de déclarations incendiaires incitant à 
de nouvelles violences et à l'ingérence dans les affaires 
intérieures de la République arabe syrienne".  
    Mevlut Cavusoglu, le chef de la diplomatie turque, a déclaré 
cette semaine que son pays, l'Arabie saoudite et plusieurs Etats 
européens étaient favorables à l'envoi de troupes au sol en 
Syrie, bien qu'aucun projet concret n'ait été débattu. 
    L'aviation russe intervient depuis septembre au côté de 
l'armée syrienne. Ses raids ont permis aux forces 
gouvernementales de progresser vers le nord et la frontière 
turque et aux milices kurdes de gagner du terrain dans la 
région, ce qu'Ankara juge inacceptable.  
    Les relations entre Moscou et Ankara sont au plus bas depuis 
la destruction en novembre d'un bombardier russe par l'aviation 
turque à la frontière syrienne.        
 
 (Michelle Nichols; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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