La Russie craint des sanctions sur les raffineries

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par Olesya Astakhova MOSCOU, 12 septembre (Reuters) - Si jamais de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie devaient concerner des technologies permettant de moderniser les raffineries, le pays pourrait se retrouver dans une situation de pénurie d'essence, a dit vendredi un responsable du ministère de l'Energie. La nouvelle salve de mesures prises par l'Union européenne à l'encontre de Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne, entrées en vigueur ce vendredi, prévoit notamment l'interdiction de la fourniture de services nécessaires à l'exploration ou à la production de pétrole dans l'Arctique et à des projets dans le domaine du schiste bitumineux en Russie. ID:nL5N0RC4HK , ID:nL5N0RD0IT Iouri Zolotnikov, vice-directeur général du département du raffinage pétrolier, précise que le ministère se prépare déjà à des pénuries d'essence l'année prochaine et en 2016, la Russie se trouvant dans une situation "d'équilibre dangereux" où la production est à peine plus élevée que la consommation. "A ce stade, il n'y a pas encore de sanctions de ce type (visant les raffineries) mais elles pourraient évidemment créer des problèmes", a-t-il dit à Reuters. Les sanctions limitent également l'accès des entreprises publjques russes aux marchés des capitaux européens, dont Rosneft ROSN.MM , premier producteur pétrolier russe. La Russie dépend notamment de l'Occident pour des équipements destinés aux raffineries et des composants de turbines à gaz. Rosneft doit investir plus de 21 milliards de dollars par an pour lancer de nouveaux gisements et moderniser les raffineries et il a fait savoir, la semaine dernière, qu'il prévoyait de remplacer tous les équipements et technologies importés de l'Occident. Iouri Zolotnikov a déclaré que les raffineries russes étaient dans l'incapacité d'augmenter sensiblement leur production au cours des deux prochaines années, d'où le risque de pénurie. Il a ajouté que l'augmentation de nombre d'accidents et d'opérations de maintenance de routine dans les raffineries était également susceptible de provoquer des perturbations dans la fourniture de carburant. "On ne peut exclure des incidents sur les sites et les risques sont accrus avec les périodes de maintenance, avril-mai et septembre-octobre. Il faut que la production soit d'au moins trois millions de tonnes supérieure à la consommation", ajoute Youri Zolotnikov. La Russie a été confrontée à plusieurs pénuries d'essence dans un passé récent, la dernière remontant à mai 2011, quand les raffineries ont augmenté leurs exportations pour doper leurs marges. Pour Iouri Zolotnikov, l'un des moyens d'éviter les pénuries est d'augmenter les importations d'essence de Biélorussie. Sur la période janvier-juillet, la Russie a déjà augmenté d'un tiers ces importations, à 812.000 tonnes. (Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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