La Russie "comprend le langage" des sanctions, affirme Juncker

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La Russie "comprend le langage" des sanctions, a souligné le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, exhortant dans une interview les Européens à maintenir une attitude de fermeté et un "discours d'unité" dans la crise ukrainienne.

M. Juncker était interrogé dans le quotidien Ouest-France à paraître mercredi sur le maintien des sanctions adoptées contre Moscou en raison de sa politique en Ukraine. Le vainqueur de la primaire en France, François Fillon, et le président américain élu, Donald Trump, se prononcent pour une relations plus apaisée avec Vladimir Poutine.

"Si on dit à la Russie que les sanctions vont perdurer, la Russie comprend ce langage. Si on laisse entrevoir la possibilité que tel ne serait pas le cas, elle en tirera avantage", a jugé le haut responsable européen.

"Ce n'est pas une remarque que je fais à mon ami François Fillon, c'est une remarque d'ordre général. Il faut opposer, à la violation consciente des frontières européennes par la Russie, un discours d'unité", a-t-il poursuivi.

M. Juncker a constaté qu'"il n'y a pas d'architecture de sécurité en Europe sans la Russie". "L'UE occupe un territoire de 5,5 millions de km³, la Russie, à elle seule, ce sont 17,5 millions de km³", a-t-il rappelé.

L'ancien premier ministre luxembourgeois a estimé que Moscou finance une politique d'influence en Europe: "vous savez combien l'UE emploie de personnes pour organiser la contre-propagande ? 11. Et la Russie ? 4.000. Nous n'avons aucun sens du ridicule".

M. Juncker a dénoncé "la fragmentation" de l'effort de défense européen: "Trump n'est pas le premier à nous faire savoir que les efforts de défense des Européens sont insuffisants. Mais il est plus brusque, presque brutal, dans la manière".

"Aujourd'hui, la fragmentation de nos efforts en matière de défense nous coûte cher - entre 25 à 100 milliards d'euros par an - et nous rend vulnérables. Nous dépensons 200 milliards d'euros pour la défense mais nous n'avons que 15% de l'efficacité des Américains parce que nous avons trop de doublons et pas assez d'interopérabilité", a relevé le président de la Commission.

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