La Russie assure n'avoir pas l'intention d'intervenir en Ukraine

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MOSCOU ASSURE NE PAS PRÉPARER D'INTERVENTION MILITAIRE EN UKRAINE
MOSCOU ASSURE NE PAS PRÉPARER D'INTERVENTION MILITAIRE EN UKRAINE

par Katya Golubkova

MOSCOU (Reuters) - La Russie a assuré samedi qu'elle n'avait "aucune intention" d'envahir l'est de l'Ukraine, en réponse aux inquiétudes de l'Occident face à la concentration de troupes russes à la frontière orientale de l'Ukraine après l'annexion de la Crimée par Moscou.

Ces commentaires du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont été suivis de l'annonce d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat John Kerry dimanche à Paris.

S'exprimant à la télévision russe, Sergueï Lavrov, a repris un message du président Vladimir Poutine selon lequel la Russie se satisfaisait du contrôle de la péninsule criméenne, bien que Moscou soit en train de masser des troupes près de la frontière orientale de l'Ukraine.

"Nous n'avons absolument aucune intention ni aucun intérêt à franchir les frontières ukrainiennes", a assuré Sergueï Lavrov.

Vladimir Poutine a appelé Barack Obama vendredi pour discuter d'une proposition américaine de résolution de la crise par la voie diplomatique, ce qui pourrait être un signe de la volonté du maître du Kremlin de faire retomber la tension dans cet affrontement Est-Ouest inédit depuis la Guerre froide.

Sergueï Lavrov a toutefois ajouté que la Russie était prête à protéger les droits des Ukrainien russophones. Moscou considère que la vie de ses compatriotes dans l'Est de l'Ukraine est menacée depuis la destitution du président ukrainien pro-russe Viktor Yanoukovitch en février.

L'Occident, qui a imposé des sanctions à l'encontre de personnalités russes après l'annexion de la république autonome de Crimée par la Russie, a menacé d'imposer d'autres sanctions si Moscou envoyait de nouvelles troupes en Ukraine. Selon des estimations américaines, le nombre de militaires russes massés près de la frontière atteindrait quelque 40.000.

L'OTAN INQUIÈTE

Dans un entretien au magazine Focus, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, dit que l'Alliance atlantique est "extrêmement inquiète".

"Nous considérons cela comme une menace concrète pour l'Ukraine et voyons le potentiel pour d'autres interventions", explique Anders Fogh Rassmussen, qui doit quitter son poste en octobre prochain.

"Je crains que ce ne soit pas encore suffisant pour lui (Poutine). Je crains que nous ne traitions pas rationnellement, et trop par l'émotion, le désir de la Russie de reconstruire son ancienne sphère d'influence dans son voisinage immédiat", ajoute-t-il.

Selon la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki, John Kerry et Sergueï Lavrov se rencontreront dimanche à Paris. Ils se sont entretenus par téléphone samedi à la suite de l'appel de Vladimir Poutine à Barack Obama vendredi.

D'après le compte rendu par la Maison blanche de cette conversation d'une heure, le président américain a dit à son homologue russe que la Russie devait retirer ses troupes et ne pas entrer plus avant en territoire ukrainien.

POUR UNE UKRAINE FÉDÉRALE

Selon le récit du Kremlin, Vladimir Poutine a suggéré pour sa part l'examen "de possibles mesures que la communauté internationale pourrait prendre pour continuer à la stabiliser la situation".

Cet entretien a été suivi par une conversation téléphonique samedi entre Sergueï Lavrov et son homologue américain, John Kerry, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Les chefs de la diplomatie russe et américain ont évoqué la crise ukrainienne et le calendrier de leurs prochains contacts.

Sergueï Lavrov a appelé à "une profonde réforme constitutionnelle" en Ukraine.

Les 46 millions d'habitants de l'ex-république soviétique sont divisés entre ceux qui voient leur avenir sous la forme d'un rapprochement avec l'Union européenne et ceux, principalement les russophones de l'Est, qui souhaiteraient rester sous la houlette de leur grand frère russe.

L'ex-président Viktor Ianoukovitch a appelé vendredi à ce que chacune des régions ukrainiennes tienne un référendum sur son statut au sein de l'Ukraine en lieu et place de l'élection présidentielle le 25 mai prochain.

Sergueï Lavrov s'est prononcé pour une Ukraine fédérale.

"Pour parler franchement, nous ne voyons pas d'autre voie pour le développement stable de l'Etat ukrainien qu'une fédération", a dit le chef de la diplomatie russe.

Chaque région, a-t-il expliqué, aurait compétence en matière économique et financière, dans le domaine culturel et linguistique et en matière d'éducation ainsi que pour "ses relations économiques et culturelles externes avec les pays ou régions voisines".

"Il n'y a pas d'autres solution", a dit Sergueï Lavrov en soulignant la proportion importante d'Ukrainiens d'origine russe.

Le président de l'assemblée qui représente les 300.000 Tatars de Crimée, s'est pour sa part prononcé samedi pour l'autonomie de cette communauté turcophone et musulmane.

(Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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  • bouchet1 le samedi 29 mar 2014 à 21:16

    qui croit encore ces mecs??? les niais??

  • nayara10 le samedi 29 mar 2014 à 21:15

    Avec tout l'argent que les Ukréniens ne rembourseront jamais aux Russes,ont peut se poser des questions quand on va leur faire KÂDÔ de 300 Milliard$.Là ,on verra le remake de la fable de la Fontaine :du Korback et du Renard ....

  • pierry5 le samedi 29 mar 2014 à 18:49

    Non mais organiser un référendum, peut être !!

  • cg46 le samedi 29 mar 2014 à 18:31

    D'abord tu rends la Crimée et après on discute ! Obama est faible, avec Busch, le Put.in il aurait mangé.

  • cg46 le samedi 29 mar 2014 à 18:25

    Paroles de put.ine