La Russie aide les rebelles syriens de l'ASL, dit Poutine

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 (Précisions, contexte) 
    par Dmitry Solovyov 
    MOSCOU, 11 décembre (Reuters) - La Russie fournit un soutien 
aérien, des armes et des munitions aux rebelles de l'Armée 
syrienne libre (ASL) lors d'opérations menées conjointement avec 
les forces gouvernementales contre les djihadistes de l'Etat 
islamique (EI) en Syrie, a affirmé vendredi le président 
Vladimir Poutine. 
    C'est la première fois que Moscou déclare soutenir des 
opposants armés au président Bachar al Assad. Le mois dernier 
Vladimir Poutine avait toutefois indiqué que des frappes 
aériennes russes avaient visé des objectifs "terroristes" 
signalés par l'ASL. 
    Les pays occidentaux et arabes engagés depuis plus d'un an 
au sein de la coalition internationale contre l'EI ont affirmé à 
plusieurs reprises que les raids aériens russes, qui ont débuté 
le 30 septembre dernier, visaient surtout les groupes rebelles 
"modérés" dans l'ouest de la Syrie et non les djihadistes du 
"califat". 
    "L'action de notre aviation contribue à unifier les efforts 
des soldats gouvernementaux et ceux de l'ASL", a dit le 
président russe lors d'une conférence annuelle au ministère de 
la Défense. 
    "Aujourd'hui, plusieurs de ces unités (de l'ASL), qui 
représentent plus de 5.000 hommes, sont engagées dans des 
opérations offensives contre les terroristes, aux côtés des 
forces régulières, dans les provinces de Homs, Hama, Alep et 
Rakka", a-t-il ajouté. 
    "Nous leur fournissons un soutien aérien, tout comme à 
l'armée (gouvernementale) syrienne, nous les assistons avec des 
armes, des munitions et du matériel logistique." 
    Poutine a souligné que l'intervention militaire en Syrie 
visait à protéger la sécurité nationale de la Russie, ajoutant 
avoir ordonné à l'armée d'agir "très durement" contre toute 
menace la visant. 
     
    L'EI CONTRÔLERAIT 70% DE LA SYRIE 
    Le chef du Kremlin a estimé que les frappes aériennes et les 
missiles de croisière tirés par la marine russe avaient infligé 
de sérieux dégâts aux infrastructures de l'EI. 
    Prenant la parole après lui, le ministre de la Défense, 
Sergueï Choïgou, a pourtant affirmé que l'EI ne cessait 
d'étendre son influence en Syrie, dont il contrôlerait selon ses 
calculs 70% du territoire. 
    Il a estimé à 60.000 le nombre de combattants djihadistes et 
prévenu que le conflit syrien risquait de déborder dans les 
ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, menaçant ainsi 
directement la Russie. 
    Evoquant l'EI mais peut-être aussi implicitement la Turquie, 
qui a abattu un Soukhoï-24 russe qui serait entré dans son 
espace aérien fin novembre, Vladimir Poutine a prévenu que 
l'armée avait carte blanche pour se défendre. 
    "Toute cible menaçant notre armée ou notre territoire doit 
être immédiatement détruite", a-t-il martelé. 
    Réagissant à la déclaration adoptée jeudi par les opposants 
syriens réunis en Arabie saoudite, qui ont notamment exigé le 
départ de Bachar al Assad et promis la création d'un Etat non 
confessionnel et inclusif (voir  ID:nL8N13Z3CA ), le 
porte-parole de Vladimir Poutine avait répété plus tôt dans la 
matinée la position officielle du Kremlin selon laquelle il 
appartient au peuple syrien de décider de l'avenir de son 
président. 
    "C'est aux Syriens de discuter du sort d'Assad, pas à la 
Russie", a déclaré Dmitri Peskov à la presse. 
    "Les efforts se concentrent désormais sur l'établissement 
d'une liste des organisations qui doivent être considérées comme 
terroristes et de celles qui appartiennent à l'opposition 
modérée et peuvent faire partie d'une solution politique. Il y a 
des désaccords entre certains pays (mais) les positions se 
rapprochent", a-t-il rappelé. 
 
 (Avec Maria Kiselyova, Vladimir Soldatkin et Maria Tsvetkova; 
Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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