La Russie abaisse encore ses prévisions de croissance

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LA RUSSIE TABLE SUR UNE CROISSANCE DE 1,4% EN 2013
LA RUSSIE TABLE SUR UNE CROISSANCE DE 1,4% EN 2013

par Lidia Kelly et Maya Nikolaeva

MOSCOU (Reuters) - La Russie, confrontée à une stagnation des investissements et de la consommation des ménages, a de nouveau réduit ses prévisions de croissance mardi, tablant désormais sur une hausse du produit intérieur brut limitée à 1,4% cette année.

Les prévisions annoncées pour les deux prochaines années, ajoutées à l'aveu fait il y a quelques semaines selon lequel le pays restera à la traîne de la croissance mondiale pendant les 20 prochaines années, viennent conforter le sentiment que Moscou, trop tributaire de ses ressources naturelles, a besoin d'un nouveau modèle économique.

"La stagnation va continuer, avec des moments de redressement", a déclaré le ministre de l'Economie, Alexeï Oulioukaïev, cité par l'agence RIA Novosti.

La nouvelle prévision de croissance de 1,4% pour 2013, malgré un cours du brut qui reste stable autour de 100 dollars le baril, se compare à un objectif précédent de 1,8% qui lui-même avait été revu en baisse.

Le gouvernement a également réduit ses prévisions de croissance pour 2014 et 2015, à 2,5% et 2,8% respectivement au lieu de 3% et 3,1%.

"Ce n'est pas une crise économique, c'est la crise d'un modèle économique", avait lancé Andreï Makarov, président de la commission budgétaire et fiscale de la Douma, lors d'un récent débat parlementaire.

POUTINE SOUS PRESSION

Les nouvelles prévisions sont bien loin du taux de croissance de 5% que le président Vladimir Poutine promettait avant son retour au Kremlin l'an dernier. Le dirigeant russe voyait alors son pays se hisser parmi les cinq premières économies mondiales d'ici 2020, alors qu'il occupe actuellement la huitième place.

Si la popularité du président reste élevée avec 61% d'opinions favorables, selon un sondage publié le mois dernier, cette cote est la plus basse depuis juin 2000, après l'élection qui l'avait porté pour la première fois au Kremlin.

Pour Liza Ermolenko, économiste chez Capital Economics in Londres, la révision à la baisse des prévisions de croissance "sonne comme une tentative du ministère de l'Economie pour qu'on s'intéresse davantage au problème."

La demande des ménages et l'investissement des entreprises ont été les principaux relais de croissance depuis la crise de 2008-2009, les exportations étant vulnérables à la faiblesse de la demande étrangère.

Mais l'investissement stagne depuis la mi-2012 et la consommation des ménages connaît à son tour un coup de frein, dont témoigne le ralentissement de la hausse des ventes au détail.

La prévision du ministère de l'Economie pour l'investissement des entreprises est passée de 2,5% à 0,2% pour cette année, une révision spectaculaire qui donne la mesure du problème.

Les économistes, comme le Fonds monétaire international, jugent que la Russie doit impérativement diversifier son économie, trop axée sur les ressources naturelles, et l'ouvrir davantage aux investisseurs étrangers.

Le pays est le premier producteur mondial de pétrole et les matières premières représentent 90% de ses exportations, les hydrocarbures - gaz et pétrole - en assurant à elles seules les deux tiers.

Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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