La rumeur d'une sortie de PSA de Faurecia séduit

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LA RUMEUR D'UNE SORTIE DE PSA DE FAURECIA SÉDUIT LES MARCHÉS
LA RUMEUR D'UNE SORTIE DE PSA DE FAURECIA SÉDUIT LES MARCHÉS

PARIS (Reuters) - Les titres PSA et Faurecia bondissent lundi matin à la Bourse de Paris dans l'espoir d'un désengagement du constructeur automobile de l'équipementier, évoqué dans une note d'analyste.

A 11h21, l'action Faurecia gagne 7,3% à 13,595 euros et PSA Peugeot Citroën 6,72% à 6,59 euros, signant les deux plus fortes hausses de l'indice SBF 120 (-0,55%) dans des volumes représentant déjà 1,2 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois pour PSA et environ le double pour Faurecia.

"PSA va probablement devoir vendre Faurecia, écrit ce matin CM-CIC. C'est une bonne nouvelle pour les deux sociétés, l'un va pouvoir récupérer du cash et l'autre ne plus dépendre d'un groupe en difficulté financière", explique un vendeur actions en poste à Paris.

Les deux groupes ont refusé de faire un commentaire.

Le titre PSA est actuellement l'une des valeurs les plus "shortées" en Europe. Selon des données Markit, le niveau de ventes à découvert - titres qu'un investisseur ne détient pas encore mais dont il anticipe la baisse - s'élève à près de 18% sur PSA. A titre de comparaison, le ratio moyen sur le CAC 40 se situe à moins de 3%.

Selon CM-CIC Securities, PSA Peugeot Citroën pourrait céder la totalité de sa participation de 57,4% pour un montant estimé entre 1,2 et 1,5 milliard d'euros à un autre équipementier, comme le canadien Magna ou Hyundai Mobis, filiale du coréen Hyundai Motor.

L'idée d'une sortie de Faurecia fait l'objet de rumeurs récurrentes depuis 2009, avant même les difficultés financières qui frappent PSA depuis l'été 2011.

En 2009, le constructeur a brutalement réduit sa participation dans l'équipementier, jusqu'alors de 71%, lors d'une augmentation de capital effectuée par Faurecia pour financer le rachat du spécialiste américain du contrôle des émissions Emcon.

L'hypothèse d'un désengagement remonte même à 1987, année de naissance de Faurecia à partir de la fusion d'ECIA, ancienne filiale de PSA, et du producteur de sièges automobiles Bertrand Faure.

UN MOUVEMENT CLASSIQUE DANS LE SECTEUR

Une vente en une fois à un industriel, ou par étape à des fonds, donnerait une bouffée d'oxygène à PSA, qui a perdu chaque mois 200 millions d'euros en cash entre l'été 2011 et l'été 2012. En revanche, elle priverait le groupe de la contribution de l'équipementier à ses résultats. Au premier semestre, Faurecia a dégagé un résultat opérationnel courant de 303 millions d'euros, alors que la division automobile de PSA accusait sur la période une perte de 662 millions d'euros.

En cas de séparation, PSA et Faurecia suivraient un mouvement déjà amorcé dans le secteur automobile, notamment chez l'américain General Motors qui a engagé il y a une dizaine d'années son désengagement de sa filiale d'équipements Delphi ou chez Ford avec Visteon.

L'été dernier, le PDG de Faurecia Yann Delabrière déclarait pourtant que son groupe n'était pas sur la liste des cessions d'actifs envisagées par PSA.

Le titre PSA profite également lundi des propos du ministre de l'Economie Pierre Moscovici, selon lequel PSA Peugeot Citroën est "une entreprise forte" qui a sa "place dans le paysage européen et mondial".

Les investisseurs y voient une validation par le gouvernement de la restructuration du constructeur automobile, qui fera à partir de mercredi l'objet de négociations avec les syndicats.

Le ministre a également indiqué que dans la crise sévère que traverse PSA, "il faudra sans doute aller plus loin", laissant entendre que le plan annoncé en juillet ne suffirait pas. Le constructeur prévoit 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Gilles Guillaume et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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