La ruée vers les éthylotests provoque une pénurie

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A partir du 1er juillet, les automobilistes devront obligatoirement détenir un éthylotest dans leur véhicule. Un bémol toutefois : distributeurs et fournisseurs peinent à satisfaire la forte demande.

Acheter un éthylotest relèverait presque de la chasse au trésor. Après le gilet jaune et le triangle, les automobilistes devront, à partir du 1er juillet, avoir obligatoirement un éthylotest dans leur véhicule. À quelques jours de l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi, les conducteurs se ruent vers les rayons des enseignes spécialisées dans l'équipement automobile, grandes surfaces et pharmacies. Résultat: bon nombre de ces distributeurs sont en rupture de stock à travers la France.«Aujourd'hui, ces éthylotests sont introuvables», déplore Jean-Luc Audhoui, pharmacien et membre du bureau national de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF). Un constat partagé par Norauto. «Dès la parution du décret le 1er mars, nos points de vente ont observé une explosion de la demande pour ce produit», explique-t-on au siège de l'enseigne, qui se veut rassurante en affirmant que «si rupture de stock il y a, elle reste généralement très localisée et temporaire».

Il faut dire qu'avec 36 millions d'automobilistes à équiper en France d'ici le début des grandes vacances, le défi est gigantesque. D'autant plus que le marché est entre les mains de seulement deux fournisseurs certifiés de la norme NF: Contralco, le plus gros fabricant français d'éthylotests à usage unique basé à Gignac dans l'Hérault, et le groupe sud-africain Red Line Products. «On fabriquait 12 millions d'éthylotests en 2010 avec 67 salariés, cette année on devrait en fabriquer 50 millions avec 140 personnes» , déclarait en mars Guillaume Neau, le directeur marketing de Contralco, à Midi Libre . Il reconnaissait déjà être dépassé par la demande. Selon lui, «10% des pharmacies vendaient des éthylotests en 2010, elles sont 70% actuellement, et les tabac-presses commencent à vendre ces produits».

Tandis que la pénurie menace, du Midi au Sud-Ouest, en passant par la Bretagne, la Charente, la Normandie ou la Touraine, les professionnels appellent les consommateurs «au calme», en leur rappelant que les sanctions - à savoir une amende de 11 euros si le conducteur ne peut présenter un éthylotest lors d'un contrôle routier - ne devraient être effectives qu'à partir du 1er novembre. Selon un distributeur, le gouvernement envisagerait même de décaler la mise en place des sanctions au 1er décembre, face aux problèmes d'approvisionnement. Une information qui n'est pas confirmée pour l'instant par la Prévention routière. «Les fabricants sont prévenus depuis plusieurs mois et nous ne devrions avoir rapidement un nombre suffisant d'éthylotests pour équiper les automobilistes»,assure Emmanuel Renard, directeur de l'Éducation et de l'information à l'association, qui estime que la date limite actuelle du 1er novembre «laisse une marge de man½uvre suffisante».

Inquiétudes pour la qualité et les prix

Malgré ce délai bienvenu, la tension qui règne sur le marché des éthylotests inquiète les professionnels. «Nous sommes sollicités par d'autres fournisseurs, mais nous voulons être certains de la qualité et de la fiabilité du produit, sans compter que certains affichent des prix prohibitifs», témoigne un pharmacien de Tarbes dans les colonnes de La Dépêche.fr . Une crainte que partage la CGT. Le syndicat s'alarme dans une note de blog de la possibilité que «face à cette pénurie, certains pourraient vouloir faire des affaires» en faisant un stock d'éthylotests pour les revendre à prix d'or. Les tarifs d'un éthylotest chimique à usage unique varient de moins de 1 euro à près de 3 euros. Plus cher, l'éthylotest électronique qui permet de réaliser jusqu'à 500 contrôles, selon les modèles, est vendu de 120 à 200 euros.

Parmi les autres précautions à prendre, les automobilistes doivent faire attention à la date de péremption de ces outils qui, en général, ne sont plus valides au bout de deux ans à compter de la date de fabrication, rappelle Emmanuel Renard. Enfin, prévient-il,«s'ils optent pour l'éthylotest chimique, ils doivent prévoir d'en avoir deux dans leur voiture au cas où ils en utiliseraient un avant de prendre la route». Une disposition autant contraignante que nécessaire, selon lui. Devenu depuis 2006 première cause de mortalité avant la vitesse sur nos routes, l'alcool a été à l'origine de 30,8% des accidents mortels l'année dernière.

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  • M9810937 le mardi 26 juin 2012 à 19:09

    çà sert à quoi de se ruer sur ces machines....? Il n'y a pas de verbalisation avant novembre !par contre : donnez moi les noms des sociétés et personnes qui s'en foutent plein les poches : y a -t-il un lien avec celui qui a pondu la loi ?

  • devil22 le mardi 26 juin 2012 à 18:42

    au moins le lobbying de contralco et i-test aupres de nos politiques va permettre quelques creation d'emploi, en plus des gros gains pour les membres de ces 2 entités vu que ceux sont les memes personnes

  • e.mugler le mardi 26 juin 2012 à 18:24

    la France, championne pour edicter des règles toujours plus complexes , incapable de les faireappliquer !!!! même avec 0.8 g / l on peut mesurer leur bètise sans se tromper !!!

  • e.mugler le mardi 26 juin 2012 à 18:21

    vaut mieux etre bourré que con, ça dure moins longtemps .... par contre nos dirigeants ( surtout ceux de gauche , mais les autres aussi ) conduisent en état d'ivresse depuis tres longtemps, de plus, ils cumulent ( leur sport favori ) bètise et ébriété, voilà pourquoi nous allons dans le mur !!! on se demande s'il ne faudrait pas sauter avant ??? bientot, l'hopital de campagne obligatoire dans l'auto