La Rolls-Royce du porte-engin

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Aprés trois années difficiles qui ont conduit à son rachat en 2006, ACTM renoue en 2007 avec des résultats positifs, fruit d'un redressement spectaculaire impulsé sous la haulette du nouveau pdg Hugues BIRKEL. Seule entreprise du bassin désormais cotée en bourse, le groupe Montilien procède à une deuxième ouverture de capital pour réaliser ses ambitions.

L’atelier de construction mécanique créé en 1936 par Joseph Ayme avait su saisir l’opportunité du développement des transports routiers après guerre en s’orientant vers la construction de remorques et semi-remorques, et plus particulièrement des remorques dédiées au transport d’engins et matériaux lourds. La première remorque sort de l’atelier en 1950. On procéda aux essais de freinage sur les pentes du Mont Ventoux en présence de l’ingénieur des Mines. ACTM a grandi, s’est adapté à l’évolution des matériels et techniques, produisant des remorques de 1 à 6 essieux pour répondre aux spécificités des besoins de nos clients dans les travaux publics, le transport exceptionnel, l’armée et les grands groupes industriels. Le fils Jacques Ayme a pris la succession jusqu’en 2006. La production a considérablement évolué, les essieux sont devenus directeurs ou auto-vireurs, les suspensions mécaniques, à air ou hydrauliques, les remorques sont à plateau basculant, à train avant directible…. Au-delà des difficultés structurelles rencontrées, la technicité d’ACTM restait un gage d’avenir. Encore fallait-il retrouver un repreneur qui croit dans la pérennité de l’entreprise.

Un gisement prometteur:

Hugues BIRKEL est cet homme là. Consultant en stratégie industrielle au sein de son cabinet parisien HBCE, spécialisé en réorganisation industrielle, il crée la holding ACTM INTERNATIONAL dont il est l'actionnaire majoritaire, en association avec Michel Catimel, nouveau directeur général, qui a un long parcours dans le secteur de l'équipement automobile avec des postes à vocation de redressement. Tentés par l'aventure industrielle, les deux hommes sont convaincus de l'avenir d'ACTM qui leur apparaît comme un bon gisement. "Notre business, c'est les travaux publics et le spécial. Les travaux publics ont un taux de croissance entre 15% et 18%, le marché est porteur. Le entreprises qui ont renouvellé leur flotte de tracteur pour répondre aux nouvelles normes ont pris du retard sur l'investissement pour leurs remorques qui devrait commencer à se rattraper", Michel Catimel. Les nouveaux patrons ont boosté leur force de vente et obtiennent très rapidement des résultats avec un carnet de commande en hausse. Un succès qui les confronte dès les premiers mois à la nécessité d'augmenter la capacité de production. Ils relèvent le défi tout en attachant tout en affichant leur attachement à l'enracinement de l'entreprise à Montélimar. Hugues BIRKEL le confirme aujourd'hui alors qu'il cherche, et qu'il n'est pas loin d'avoir trouvé, un nouveau site pour la construction d'une nouvelle usine. L'avenir d'ACTM reste à Montélimar.

Le chiffre d'affaires explose:

Moins de deux ans aprés la reprise, "ACTM a retrouvé de la vigueur et se développe", Hugues BIRKEL. Sur la période 2005-2007, le chiffre d'affaires a progressé de 92%, s'affichant à 16 millions d'euros sur le dernier exercice, avec un train d'affaires qui porte aujourd'hui sur 20 millions d'euros. L'entreprise a augmenté sa masse salariale de 30% avec un effectif passé de 80 à 110 salariés avec une politique d'intéressement et d'implication du personnel qui contribue à l'amélioration de la performance de la société. Alors que les comptes étaient à -10% en 2005, troisième année consécutive de pertes, ACTM a gagné 15 à 16 pts en un an avec un résultat positif de 5,7%. "Aujourd'hui ACTM s'autofinance complètement et n'a pratiquement plus aucune dette. 100% du bénéfice est réinjecté pour garantir le fonctionnement et financer l'investissement", Hugues BIRKEL.

Une stratégie payante

Ce redressement résulte de la stratégie développée par l'entreprise avec une réorganisation du réseau commercial en France et à l'étranger. Le nouveau directeur commercial Marc BIRKEL n'est pas seulement le frère aîné du PDG. Son profil d'ingénieur des Mines et son expérience dans un grand groupe Japonais se révèlent efficaces. Les prévisions pour 2009 sont de vendre à plus de 50% à l'export. Aujourd'hui, ACTM vend dans 22 pays: Europe et pourtour méditerranéen. Au niveau fabrication, l'entreprise qui a des produits de plus en plus évolués, de plus en plus lourds et complexes, a renforcé la structure de son encadrement avec le recrutement d’Olivier Labroue, ingénieur des Mines, directeur de la production. Sous sa houlette, ACTM a trouvé moyens de faire face à ses besoins de recrutement avec la féminisation de l’atelier, ce qui ne va pas nécessairement de soi dans ces métiers de la soudure. « On a recruté 6 femmes et une dizaine arrivent très prochainement, c’est une vraie réussite. Notre volonté est de mélanger les gens et les approches, en intégrant et fidélisant le personnel. Nous avons développé une formation qualifiante en alternance dans l’entreprise pour recruter les soudeurs qu’on ne trouvait pas sur le marché. Les gens qui n’ont pas de qualification, pour nous ce n’est pas un problème, on sait les former. Le savoir-faire, on s’en occupe, on cherche surtout des savoir être, nous sommes exigeants sur les comportements humains », Hugues BIRKEL. L’autre chantier du directeur de la production est l’amélioration de la performance au niveau des flux et de la productivité. On ne croit pas vraiment aux bienfaits de la délocalisation chez ACTM mais plutôt aux vertus des gains de productivité. En deux ans, la production est déjà passée de 4 véhicules par semaines.

Une nouvelle usine à Montélimar :

Le groupe ACTM s’est étoffé fin 2006 avec le rachat de TRAILOR, autre constructeur de semi-remorques implanté à Lunéville en Lorraine. Si les produits de TRAILOR sont plus légers, les besoins de restructuration sont par-contre plus lourds. Pour y faire face, le groupe a fait une augmentation de capital l’été dernier. Une seconde est en cours pour conforter les ambitions du groupe. TRAILOR ACTM INTERNATIONAL est ainsi la seule entreprise de son secteur à avoir réussi son entrée en bourse depuis Août 2007. Même si la priorité affichée par Hugues BIRKEL va à la croissance interne, la société peut faire appel au marché pour saisir toute opportunité. En attendant d’ici deux à trois ans, l’entreprise ACTM sera confrontée à la saturation de ses locaux. Déjà la production de quelques véhicules légers est orientée sur Trailor. L’ambition du PDG est de construire une nouvelle usine sur un site proche de l’usine actuelle. ACTM reste fidèle à Montélimar. Le nouveau bâtiment permettra d’avoir un outil parfaitement adapté aux objectifs de production, un cadre de travail plus motivant pour le personnel avec une notion développement durable pour maîtriser la consommation énergétique ;

Garantie longue durée :

L’évolution du transport routier dans le cadre du développement durable devrait se traduire à terme par un coup d’arrêt au tout routier. La perspective n’effraie pas le PDG d’ACTM. « Cela ne gênera pas notre métiers. On est à la fois travaux publics et petits déplacements, deux secteurs où nous avons une carte à jouer en travaillant sur la qualité. » Le développement durable signifie aussi de construire des produits qui durent, de l’hyper robuste pour les chantiers, des remorques et semi-remorques avec une longue durée de vie. « On va bientôt sortir des produits avec une durée de garantie colossale. Pour nos clients, c’est la garantie que nous les suivons et leur investissement est durable. » Si de vraies inquiétudes existaient il y a deux ans sur l’avenir d’ACTM, l’horizon s’est éclairci pour ce fleuron de l’industrie Montilienne. On construira sans doute encore longtemps des remorques et semi-remorques à Montélimar.


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