La rive droite des berges de Paris rendue aux piétons

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    * 55% des Parisiens favorables à la piétonnisation 
    * Des maires de banlieue et la droite sont contre 
    * La mairie de Paris parie sur l'évaporation de la 
circulation 
 
    PARIS, 26 septembre (Reuters) - Le Conseil de Paris a 
entériné lundi le projet controversé de piétonnisation de 3,3 
kilomètres des quais de Paris, sur la rive droite de la Seine, 
malgré l'opposition d'élus de droite, notamment de banlieue, de 
nombreux commerçants et du patronat. 
    La mairie de Paris avait soumis en mai à l'approbation des 
Parisiens deux scénarios pour la piétonnisation de la voie 
Georges-Pompidou (13 km) dans le cadre de son projet de 
"reconquête des berges de la Seine", déjà mis en oeuvre rive 
gauche en 2012, sur 2,3 km du Pont Royal au Pont de l'Alma. 
    C'est le projet le plus ambitieux, plébiscité par 57% des 
habitants, qui a été retenu : il porte sur 3,3 km.  
    Le vote du Conseil de Paris entérine ce choix, malgré un 
avis négatif - mais consultatif - d'une commission d'enquête. 
    "Décision historique : la fin d'une autoroute urbaine à 
Paris et la reconquête de la Seine", a déclaré la maire de 
Paris, Anne Hidalgo, après le vote, majorité contre opposition. 
    Un récent sondage Ifop montre que 55% des Parisiens sont 
favorables au projet, un demi-siècle après la construction d'une 
autoroute urbaine sur les quais de la Seine. 
    Pour Anne Hidalgo, la piétonnisation en 2014 de la rive 
gauche, où la circulation automobile a été remplacée par des 
activités sportives et culturelles, est un succès, avec une 
baisse de la pollution sans allongement notable du temps de 
circulation automobile sur les quais hauts. 
    Après quelques semaines de fermeture des voies sur les 
berges rive droite, qui n'ont pas rouvert à la rentrée après la 
fermeture de Paris-Plage cet été, le bilan est aussi jugé 
satisfaisant, même s'il est contesté par ses détracteurs. 
     
    "ÉVAPORATION" DU TRAFIC 
    "L'allongement de la durée de parcours est plus faible que 
ce que les études prédisaient : il est de 8 minutes maximum sur 
le parcours Tuileries-Henri IV, mais il est beaucoup plus faible 
sur des parcours plus longs", a déclaré Anne Hidalgo dans son 
discours devant les élus du Conseil de Paris. 
    La direction de la voirie et des déplacements de la mairie 
de Paris (DVD) souligne que le trafic de transfert a été plus 
faible que prévu et que de nombreux usagers ont déjà changé de 
mode de transport, confirmant le phénomène d'"évaporation" de la 
circulation lorsque des obstacles sont posés. 
    La maire socialiste a critiqué la région Ile-de-France, 
désormais dirigée par la droite, qui s'oppose au projet et a 
présenté un plan pour fluidifier la circulation automobile. 
    Le préfet de police de Paris a donné son accord pour tester 
pendant six mois la piétonnisation de la voie express. 
    La préfecture a posé des conditions : réversibilité en cas 
de difficulté majeure de circulation, suspension des autres 
projets de voirie pouvant affecter la circulation aux abords des 
berges, maintien d'un accès permanent pour les services 
d'intervention et de secours et "suivi rigoureux" des impacts en 
terme de pollution. 
    La décision de Paris intervient au lendemain de la "Journée 
sans voitures" dans une grande partie de la capitale. 
    Selon Airparif, "par rapport à un dimanche comparable (le 11 
septembre 2016, sans restrictions de trafic mais avec une 
météorologie similaire), une baisse moyenne de 20% à 35% de 
dioxyde d'azote a été observée sur les stations d'Airparif 
situées dans le périmètre concerné".   
 
 (Yves Clarisse, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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  • dotcom1 le lundi 26 sept 2016 à 15:04

    La circulation est génératrice de PIB. Il n'y a que la gauche pour se réjouir qu'elle "s'évapore".