La rivalité PSA-Renault s'incarne dans les deux Carlos

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LA RIVALITÉ PSA-RENAULT S'INCARNE DANS LES DEUX CARLOS
LA RIVALITÉ PSA-RENAULT S'INCARNE DANS LES DEUX CARLOS

par Laurence Frost

GENEVE (Reuters) - S'il avait été présent cette année au salon de l'automobile de Genève, Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, aurait pu croiser sur les stands son ancien numéro deux et désormais patron du concurrent PSA Peugeot Citroën, Carlos Tavares.

Ce dernier représentera pour la première fois mardi aux journées presse du salon PSA, dont il a pris la direction opérationnelle le 20 février avant de succéder à Philippe Varin à la présidence du directoire, le 31 mars.

L'an dernier à la même époque, Carlos Tavares était encore le numéro deux de Carlos Ghosn. Directeur général délégué de Renault, il avait contribué à ce que le groupe français traverse relativement indemne la crise du marché automobile européen qui a manqué de faire dérailler son concurrent français.

Renault a été protégé par la performance de Nissan, dont il détient 43,4% du capital, et par la vigueur de ses ventes low cost. Mais les analystes attribuent aussi le succès du groupe au losange à la hausse moyenne de ses prix et à ses réductions de coûts, une recette que Carlos Tavares aimerait appliquer aussi à PSA.

"Le fait que je voie un certain nombre de contrastes avec mon expérience passée me donne la capacité d'identifier une marge d'amélioration", a déclaré lundi Carlos Tavares au cours d'un entretien organisé par 7pm Auto en collaboration avec Reuters.

Agé aujourd'hui de 55 ans, Carlos Tavares a franchi rapidement les échelons de l'alliance Renault-Nissan, celle-ci lui accordant trois promotions en quatre ans. En 2011, il devient numéro deux du groupe après la disgrâce de Patrick Pélata, victime de la fausse affaire d'espionnage.

"Ils sont tous les deux excellents", commente Andy Palmer, vice-président exécutif de Nissan. "Un des avantages de Carlos Tavares, c'est qu'il a fait sa carrière au sein du système Nissan."

La relation entre les deux Carlos s'est tendue l'été dernier quand Carlos Tavares a déclaré dans une interview qu'il se verrait diriger un autre constructeur automobile parce que cette ambition ne pouvait être assouvie chez Renault.

Lundi, il a refusé de donner des précisions sur les circonstances qui ont conduit à son brutal départ. "Toute histoire a besoin d'un mystère et vous devrez apprendre à vivre avec celui-là", a-t-il dit.

D'anciens collègues ont indiqué pour leur part que Carlos Ghosn, âgé lui de 60 ans, lui avait proposé de s'excuser auprès des salariés mais qu'il avait décliné la proposition.

Si Renault et PSA ont suivi des parcours historiques relativement divergents, les deux groupes ont aujourd'hui pour point commun de compter tous deux l'Etat français comme actionnaire, à hauteur de 15% pour le premier et de bientôt 14% pour le second.

Carlos Ghosn a rejeté récemment l'idée qu'il puisse avoir été blessé par le départ de son ancien numéro deux et que son arrivée chez PSA puisse constituer une menace.

"Si vous êtes facilement meurtri, alors il ne faut pas diriger un groupe automobile", a-t-il déclaré sur RTL. "La connaissance est importante dans le secteur mais c'est seulement 5% de la bataille. Savoir quoi faire avec ce qu'on sait, voilà ce qui compte vraiment."

(Avec Gilles Guillaume pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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