La rigueur pèsera sur la croissance américaine ce trimestre

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LA CROISSANCE AMÉRICAINE VA SOUFFIR DE L'AUSTÉRITÉ BUDGÉTAIRE AU 2E TRIMESTRE
LA CROISSANCE AMÉRICAINE VA SOUFFIR DE L'AUSTÉRITÉ BUDGÉTAIRE AU 2E TRIMESTRE

NEW YORK (Reuters) - La croissance américaine pâtira de la rigueur budgétaire sur le trimestre en cours avant d'accélérer au second semestre poussant la Réserve fédérale à poursuivre sa politique d'achat d'actifs au moins jusqu'en 2014, selon des économistes interrogés par Reuters.

La banque centrale américaine devrait toutefois réduire le montant de ses achats avant de les interrompre complètement et d'amorcer le retrait des liquidités massivement injectées dans l'économie pour parer les conséquences de la crise financière de 2007-2008, selon ces économistes.

Les restrictions budgétaires, dont les 85 milliards de dollars de coupes automatiques dans le cadre de la procédure dite de "séquestre", feront particulièrement sentir leurs effets sur le trimestre en cours.

Plus de 80 économistes interrogés cette semaine s'attendent en moyenne à une croissance de 1,5% en rythme annuel au deuxième trimestre à comparer à une croissance de 2,5% au premier trimestre selon les données préliminaires publiées le 26 avril.

Ils anticipent une accélération de l'activité au deuxième trimestre qui permettrait à l'économie américaine d'afficher une croissance de 2% en moyenne annuelle cette année.

Si les effets de la procédure de "séquestre" sur l'emploi sont restés limités jusqu'à présent, les intentions d'embauche pâtiront de l'attentisme des entreprises, estiment les économistes interrogés.

"Bien sur que nous pensons que cela pèsera sur le rythme potentiel de croissance (...) et vous ne verrez pas nécessairement les niveaux d'embauche que vous auriez eu sans cela", a déclaré Sam Bullard, économiste chez Wells Fargo.

Seulement 15 des 39 économistes qui se sont prononcés sur la question estiment que les derniers chiffres publiés sur les créations d'emploi montrent un retournement du marché du travail.

Les chiffres publiés pour les mois de février et mars ont fait ressortir des créations d'emploi supérieures aux attentes et le taux de chômage s'est établi à 7,5% au mois d'avril, au plus bas depuis plus de quatre ans.

Les économistes interrogés s'attendent en moyenne à 162.000 créations d'emploi par mois au deuxième trimestre, un rythme supérieur aux 148.000 attendues pour le mois d'avril.

"La dynamique du marché du travail est plutôt bien orientée", a souligné Jim O'Sullivan, en charge de l'économie américaine chez High Frequency Economics. "La tendance constatée sur les dix-huit derniers mois est plus que suffisante pour assurer une poursuite de la baisse du taux de chômage".

La Réserve fédérale s'est engagée à poursuivre ses achats d'actifs jusqu'à ce que le marché du travail s'améliore substantiellement.

La Fed achète actuellement 85 milliards de dollars d'actifs par mois dans le cadre d'un programme discrétionnaire qu'elle peut donc ajuster à la hausse comme à la baisse en fonction des besoins.

Sur 43 économistes qui ont répondu à la question portant sur une poursuite de ce programme d'assouplissement quantitatif - le troisième depuis le début de la crise - 40 s'attendent à ce que la Fed y mette un terme en 2014, 31 pensant que l'interruption interviendra dès le premier semestre de l'année prochaine.

Ils estiment à la quasi-unanimité que la Réserve fédérale réduira progressivement ses achats avant de les arrêter. Un seul des participants n'était pas de cet avis.

La Fed s'est engagée à maintenir des taux proche de zéro jusqu'à ce que le taux de chômage revienne à 6,5% pour autant que l'inflation reste proche de son objectif de 2% l'an.

Sur les 43 économistes qui se sont prononcés sur la question, 32 s'attendent à ce que le taux de chômage retrouve ce niveau dans le courant de 2015.

Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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