La RFA avait mis sur pied un système public de dopage

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BERLIN (Reuters) - L'Allemagne de l'Ouest a recouru au dopage pendant des décennies de manière systématique, à l'image des pratiques en vigueur en RDA, selon un rapport universitaire rendu public lundi.

Ce document, resté confidentiel depuis le mois d'avril, dit que les instances sportives ouest-allemandes avaient mis sur pied avec la bénédiction du pouvoir et l'aide de financements publics un système institutionnalisé de dopage.

Le rapport, document de la Fifa à l'appui, soulève en outre des questions au sujet de la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Trois joueurs allemands auraient alors présenté des traces d'éphédrine.

Selon les chercheurs de l'Université Humboldt à Berlin et de l'Université de Münster, de nombreux sportifs ont reçu en toute connaissance de cause des produits dopants, notamment des stéroïdes anabolisants, de la testostérone et des amphétamines.

Des années 1970 jusqu'à la réunification allemande en 1990, ce système a été financé par l'argent public, précise le rapport commandé par l'Institut fédéral des sciences du sport.

Le dopage ne se limitait pas à une ou deux disciplines mais concernait l'ensemble du monde sportif, y compris le football qui a eu recours aux amphétamines dès 1949.

Le document cite notamment le responsable d'une fédération sportive de l'époque : "Les entraîneurs m'ont toujours dit que si on ne prend rien, on ne devient rien. Tous ceux qui perçaient en prenaient (de la testostérone)."

Avant et même après la réunification des deux Allemagnes, la RDA a fait l'objet de lourds soupçons concernant un système de dopage dirigé par le pouvoir communiste, qui voyait dans le sport une vitrine internationale à des fins idéologiques.

En revanche, rien ne semblait indiquer que l'Allemagne de l'Ouest avait recours à des pratiques équivalentes, les affaires de dopage y étant vues comme des cas isolés.

Le porte-parole de ministère allemand de l'Intérieur, Philipp Spauschus, a déclaré lors d'une conférence de presse peu avant la divulgation de cette étude que le gouvernement de Berlin prenait cette question très au sérieux.

"Bien entendu, la lutte contre le dopage est avant tout de la responsabilité de l'industrie du sport. Mais le gouvernement allemand la soutient dans la mesure de ses prérogatives et promeut le sport propre", a-t-il dit.

"Nous apportons notre soutien à l'agence nationale antidopage et lui fournissons 3,5 millions d'euros pour la seule année 2013", a ajouté le porte-parole.

Karolos Grohmann, avec Michelle Martin, Simon Carraud pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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