La "révolution" de Generali ne séduit pas les marchés

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LA STRATÉGIE DE GENERALI NE SÉDUIT PAS LES MARCHÉS
LA STRATÉGIE DE GENERALI NE SÉDUIT PAS LES MARCHÉS

par Lisa Jucca et Myles Neligan

LONDRES (Reuters) - Le nouvel administrateur délégué de Generali Mario Greco s'est engagé lundi à augmenter d'un quart le résultat opérationnel du numéro trois de l'assurance en Europe grâce à un changement de stratégie privilégiant la création de valeur.

Ces annonces n'ont toutefois pas convaincu les investisseurs puisque le titre perdait 3,02% à 14,11 euros vers 13h15 GMT.

Selon un trader basé à Milan, les opérateurs reprochent à l'assureur une trop grande frilosité dans certains de ses objectifs.

"Les nouveaux objectifs financiers de Generali dépassent un peu les attentes", notent les analystes de Cheuvreux. "Il y a quelques points d'interrogation sur les moyens déployés pour atteindre ces objectifs, notamment en matière de fonds propres."

Dans le cadre de son nouveau plan sur trois ans annoncé lundi à Londres, le groupe italien compte augmenter le poids de sa branche assurance non-vie dans son activité globale, investir davantage sur les marchés à forte croissance - en Europe de l'Est et en Asie - et réduire ses coûts de 600 millions d'euros.

La cession d'actifs non stratégiques de Generali - dont la banque privée suisse BSI déjà mise en vente - lui permettra d'engranger quatre milliards d'euros sur trois ans, a-t-il dit.

Mario Greco, nommé en août avec le soutien de Mediobanca, principal actionnaire de Generali, a promis de réaliser un résultat opérationnel supérieur à cinq milliards d'euros, au lieu de quatre milliards qui avaient été envisagés à la fin 2012.

Il est toutefois resté vague en termes d'échéance, se contentant de dire qu'il arriverait à ce résultat "sur l'ensemble du cycle".

"Generali aura un bilan plus solide et plus stable et assurera un meilleur rendement à ses actionnaires", a déclaré Mario Greco en présentant son plan.

"Nous allons engager une révolution fondée sur la discipline, la simplicité et la concentration."

INTERROGATIONS

L'assurance non-vie devrait représenter la moitié des bénéfices de l'assurance d'ici 2015, contre 35% actuellement.

Le nouveau plan stratégique vise aussi à améliorer la marge Solvency I, l'un des points faibles du groupe, à 160% contre 150-155% estimés par la société à la fin de l'an dernier.

Generali a déjà montré sa volonté de se renforcer en Europe de l'Est avec le rachat de la totalité du capital d'une coentreprise détenue avec le tchèque PPF.

Mario Greco a promis d'atteindre ces objectifs sans abaisser les dividendes et sans qu'il y ait de forte réduction des effectifs dans aucun des pays où Generali est présent.

Il a ajouté que le groupe n'avait pas l'intention de réduire ses activités en Suisse, en Autriche ou aux Pays-Bas, où les analystes considèrent que ses performances ont été faibles.

Depuis l'arrivée de Mario Greco, l'action a pris environ 45%, surperformant l'indice européen, qui a gagné 25%, ainsi que ses grands concurrents Allianz et Axa.

La hausse du titre a été partiellement aidée par l'amélioration du sentiment de marché vis-à-vis de l'Italie, qui a augmenté la valeur du portefeuille d'environ 50 milliards d'euros de dette souveraine italienne détenue par Generali.

Juliette Rouillon et Nicolas Delame pour le service français, édité par Véronique Tison

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