La revanche des Gallinas

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La revanche des Gallinas
La revanche des Gallinas

Jeudi soir, River Plate a perdu chez lui face à Cruzeiro, en quart de finale aller de la Libertadores (1-0). Mais c'est presque un détail. Depuis les succès sportifs de 2014 et le scandale de la Bombonera, le club à la bande rouge, hanté et moqué par et pour son passage en deuxième division, essaye de se refaire une réputation. Celle d'un club "élégant" et "responsable", au contraire de son rival de toujours, Boca Juniors.

C'était le tube du dernier Mondial. "Brasil, decime qué se siente...", repris pendant un mois par des millions d'Argentins, de la Patagonie au Maracana. Aujourd'hui, on l'entend dans tous les stades : même les Bad Gones l'ont repris à Gerland. Si à l'origine il s'agit - comme souvent - d'un chant des fans de San Lorenzo ("Vengo del barrio de Boedo..."), il est devenu fureur un soir de mai 2013 à la Bombonera. Boca recevait pour la première fois River depuis que ce dernier était descendu en deuxième division, et les supporters locaux hurlaient leur nouveau hit : "River, dis moi ce que ça fait d'avoir joué en D2, je te jure qu'on ne l'oubliera jamais, t'es descendu en D2, t'as brûlé le Monumental, cette tâche ne s'effacera jamais". Les Gallinas (les Poules, surnom de River) vivaient alors la pire période de leur longue et riche histoire. Sur le terrain, la relégation avait été l'humiliation suprême (aujourd'hui, seul Boca n'a jamais quitté la Primera en Argentine). Dans les tribunes, les Borrachos del Tablon, la barrabrava locale, étaient dans tous les mauvais coups : incidents au stade, destructions et mort d'un supporter en plein match, contre Boca Unidos, le 11 juin 2012. Dans les bureaux, corruption et dette record marquaient la gestion Passarella.

"Pire que descendre en deuxième division"


Quatre ans après l'improbable relégation, River Plate n'a pas effacé la tâche, mais a retrouvé une certaine dignité. Après tout ce qui leur sont arrivés, club et supporters ont décidé de la jouer profil bas. Point de surenchère face aux provocations logiques et incessantes des fans bosteros (de Boca). L'élégance, qui colle historiquement à la peau de ce "club des riches", tant dans l'image que dans le jeu, a en partie fait son retour. Sur le terrain, cela s'est traduit par des titres : le Tournoi Final et la Sudamericana en 2014, avec en prime une élimination de Boca Juniors, la première de l'histoire en compétition internationale. Avant la deuxième, la semaine dernière, moins glorieuse, en Copa Libertadores. A l'occasion du déjà baptisé "Superclasico de la Honte". Au retour des vestiaires de la Bombonera, plusieurs joueurs de River ont été attaqués au gaz au piment par des supporters locaux. Scandale, match arrêté et victoire sur tapis vert des Gallinas. Pendant que joueurs, supporters, entraîneur et président de…


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