La retraite à 62 ans dès la génération 1955

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INFOGRAPHIE - Si le Medef salue la décision annoncée lundi par François Fillon, les syndicats protestent.

En 2010, la réforme Woerth repoussait de quatre mois par génération l'âge légal de la retraite, jusqu'à 62 ans pour les personnes nées en 1956 et après. Un rythme jugé audacieux par de nombreux observateurs - et difficilement supportable par les salariés en fin de carrière, qui voyaient l'horizon de leur retraite s'éloigner soudain, plaidaient tous les syndicats. Lundi, François Fillon a pourtant annoncé une accélération: ce sera cinq mois par an à partir de la génération 1952. L'âge légal (celui à partir duquel chacun peut réclamer une pension) sera ainsi porté à 62 ans dès la génération 1955. Il n'est en revanche pas question d'aller plus loin en mettant le cap vers les 63 ans par exemple.


Le mouvement concerne également la borne supérieure de la retraite, celle qui permet de toucher une pension à taux plein même sans avoir cotisé «tous ses trimestres». Elle aussi sera repoussée à 67 ans dès la génération 1955, et non 1956 comme initialement prévu. Cette mesure aura des effets financiers progressifs: à peine 100 millions d'euros d'amélioration des comptes l'an prochain, mais 500 millions en 2013 et ainsi de suite, jusque 1,3 milliard en 2016. Si elle est tellement «rentable», c'est que de nombreux salariés cessent le travail dès qu'ils atteignent l'âge légal car ils ont déjà toutes leurs annuités de cotisations à ce moment-là.

Le Medef «salue l'accélération des réformes structurelles» et juge que «le rythme de relèvement de l'âge de départ à la retraite est une condition déterminante d'un retour rapide à l'équilibre des régimes». Les syndicats, eux, protestent. La CFDT estime que «l'accélération de la réforme des retraites de 2010, déjà injuste (...), ne sert qu'à envoyer un signal aux agences de notation». Jean-Claude Mailly (FO) parle de «provocation». Danièle Karniewicz (CFE-CGC), qui vient tout juste de quitter la présidence de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse, dénonce une «atteinte portée au modèle social». Patronat et organisations syndicales devront pourtant sans doute se retrouver bientôt autour de la table pour adapter les règles des régimes complémentaires Arrco et Agirc à cette nouvelle donne.

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  • y.tiruz le mardi 15 nov 2011 à 11:57

    La direction de PSA semble vouloir faciliter les départs à la retraite, la mobilité interne et réduire son appel à la main-d'œuvre intérimaire pour éviter les licenciements secs. et le gouvernement fait tout pour mettre les gens dans la précarité et la mouise .

  • dddecaux le jeudi 10 nov 2011 à 14:32

    Et pour les carrières longues ça change ?