La retraite à 60 ans rétablie pour 110.000 actifs

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La retraite à 60 ans rétablie pour 110.000 actifs
La retraite à 60 ans rétablie pour 110.000 actifs

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a annoncé mercredi le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans pour 110.000 personnes entrées en activité avant l'âge de 20 ans, un signal à destination de l'électorat populaire à quatre jours des élections législatives.

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a précisé en conseil des ministres que cette mesure coûterait 1,1 milliard d'euros en 2013 et 3 milliards en 2017, soit moins que ce qui était initialement envisagé, soit 5 milliards.

Cette mesure revient partiellement sur le report à 62 ans de l'âge légal de la retraite décidé en 2010 par l'ex-président Nicolas Sarkozy et était un engagement électoral de son successeur socialiste François Hollande.

"L'engagement que le président de la République a pris pendant sa campagne, il est tenu. Et puis c'est une mesure de justice, parce que trop de personnes qui ont commencé jeunes à travailler étaient obligées de cotiser deux années de plus", a dit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Il a affirmé sur TF1 que cette mesure était "financée et équilibrée" et qu'elle concernait à la fois les salariés du privé, du public et les travailleurs indépendants.

Cette extension du dispositif "carrières longues" instauré en 2003 répond en partie aux demandes des syndicats, notamment de la CFDT, de même que l'intégration partielle des périodes de maternité et de chômage dans les annuités de cotisation.

Pourraient ainsi être pris en compte dans ce calcul deux trimestres de chômage et, pour les mères de familles, deux trimestres de congé de maternité supplémentaires.

Selon le gouvernement, cette mesure bénéficiera chaque année, à partir de 2013, à plus de 110.000 personnes - environ 12% d'une cohorte de retraités - qui n'auront plus à travailler huit trimestres de plus comme l'imposait la réforme de 2010.

Cela concerne tous les régimes de retraite - salariés du secteur privé, commerçants et artisans, agriculteurs, agents de la fonction publique et professions libérales.

"Cette mesure est intégralement financée", a dit Marisol Touraine. "Elle coûtera 1,1 milliard d'euros en 2013 (...) En 2017, elle coûtera moins cher que ce qui était prévu tout en concernant autant de personnes, ce qui représentera environ trois milliards d'euros."

PROMULGATION FIN JUIN

Elle sera financée par un prélèvement supplémentaire de cotisation d'assurance vieillesse de 0,1 point pour les assurés et de 0,1 point pour les employeurs la première année.

A terme, dans cinq ans, ce prélèvement supplémentaire sera cependant limité à 0,5 points au total - 0,25 pour les salariés et 0,25 pour les employeurs, a précisé la ministre.

"La hausse de cotisation nécessaire (...) c'est 1,6 euro (par mois) pour les personnes qui sont au smic, deux euros pour quelqu'un qui gagne 1.600 euros", a-t-elle ajouté. "Donc on est très loin des scénarios catastrophistes de la droite."

Sans attendre le contenu exact du décret, les dirigeants de l'UMP, notamment, ont tiré à boulets rouges sur un dispositif auquel ils reprochent de porter atteinte à la compétitivité de la France et à la réduction de ses déficits publics.

Selon le gouvernement, l'augmentation prévue des cotisations vieillesse suffira à financer la mesure.

"Elle ne pèsera donc pas sur la situation financière des régimes de retraite et ne remet pas en cause le respect des engagements de la France en matière de redressement des finances publiques", assure-t-il dans un communiqué.

Les personnes concernées pourront déposer leur demande dès la promulgation du décret, fin juin, et la mise en oeuvre effective de ce droit interviendra le 1er novembre.

Il appartiendra aux partenaires sociaux, gestionnaires des régimes complémentaires, de discuter de la manière dont ils traduiront ces dispositions dans les régimes dont ils ont la responsabilité, précise le communiqué gouvernemental.

La porte-parole du gouvernement a par ailleurs confirmé que le sujet plus général des retraites serait l'objet d'un rendez-vous avec les partenaires sociaux l'année prochaine.

"Aucun sujet ne sera tabou dans cette discussion : âge légal de départ à la retraite, montant des pensions, prise en compte de la pénibilité", a dit Najat Vallaud-Belkacem lors du compte rendu du conseil. "Nous devrons bien sûr inscrire cette réflexion dans un cadre financier équilibré dans la durée."

La conférence sociale des 9 et 10 juillet sera l'occasion de fixer l'agenda des discussions sur ce dossier, a-t-elle précisé.

Emmanuel Jarry, édité par Gérard Bon

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  • M169421 le mercredi 6 juin 2012 à 12:43

    Pile la fin du mandat de FH,qui aura fait sombrer la France dans l'anarchie,les abysses,augmenter la dette de façon exponentielle!Et pour le suivant,débrouilles-toi!