La réserve de précaution servira face au déficit, dit Moscovici

le
2

PARIS (Reuters) - Le gouvernement utilisera la réserve de précaution de sept milliards d'euros pour tenir sa trajectoire de réduction du déficit public, a déclaré dimanche le ministre français de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, au moment où des experts s'attendent à un dérapage par rapport aux objectifs.

La France présentera d'ici le 15 avril son programme de stabilité à la Commission européenne et les doutes s'accentuent sur la capacité du pays à tenir son engagement de réduire son déficit sous 3% du PIB fin 2015, après 3,6% fin 2014.

Interrogé sur cette trajectoire, Pierre Moscovici a déclaré sur BFM TV : "Cette trajectoire des finances publiques est maintenue."

Une fois le niveau du déficit public de 2013 connu le 31 mars, niveau qui influera sur le déficit de 2014 s'il est supérieur aux 4,1% prévus, "nous avons une capacité à agir, une réserve de précaution que nous avons justement mobilisée", a-t-il dit.

Prié de dire si ces 7 milliards d'euros de crédits budgétaires mis en réserve suffiraient à tenir les objectifs, il a répondu : "Largement, largement."

La Cour des comptes a estimé qu'il pourrait manquer jusqu'à 6 milliards d'euros de recettes cette année pour tenir l'objectif de 3,6%, un montant qui serait encore accru si le déficit de 2013 était supérieur à 4,1%.

Elle avait ajouté que l'utilisation de la réserve de précaution serait probablement nécessaire et insisté sur le fait qu'il n'y avait aucune marge de manoeuvre pour des dépenses imprévues, qui surviennent fréquemment.

La Commission européenne a mis en garde mercredi la France contre un dérapage de ses déficits publics si elle ne prend pas de nouvelles mesures et adressé une recommandation spécifique à la France, un "honneur" qu'elle partage avec la seule Slovénie.

Cette recommandation, un des nouveaux instruments à la disposition de la Commission pour assurer la discipline budgétaire dans la zone euro, est publiée une semaine après la diffusion de prévisions anticipant un déficit public français pour 2014 et 2015 supérieur aux engagements pris.

Il s'élèverait ainsi selon la Commission à 4% cette année puis 3,9% pour 2015, à politique inchangée.

"Il est très important que la France soit, reste un pays crédible", a ajouté Pierre Moscovici.

La France a déjà obtenu de la Commission deux ans de plus pour passer sous la limite européenne de 3%.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, "Olli Rehn, je vous assure, ne nous fera pas de chèque en blanc", a ajouté Pierre Moscovici.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a quant à lui déclaré dimanche que la France mettrait "peut-être un petit peu plus de temps que ce qui était prévu" pour revenir à la limite européenne des 3%.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • a.guer le lundi 10 mar 2014 à 04:15

    A olyve54 : cette fois, heureusement qu'il y a l'Europe pour rappeler a l'ordre notre gouvernement incapable de tenir ni un budget, ni des engagements !

  • olyve54 le dimanche 9 mar 2014 à 23:11

    aux ordres et à la botte de lEurope....la France nest plus qu une province de Bruxelles perdant ainsi toute son autonomie. les politiques français n ont plus aucun pouvoir se font tirer les oreilles par la burocratie européenne et en recoivent leurs feuilles de route.....perso moi j en veux pas de leur europe....je voterai en conséquence

Partenaires Taux