« La reprise en Europe, il ne faut pas trop y croire » (Fidelity)

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L'économie europénne peine toujours à redémarrer, mais des opportunités subsistent sur les marchés d'actions selon Fidelity.
L'économie europénne peine toujours à redémarrer, mais des opportunités subsistent sur les marchés d'actions selon Fidelity.

Pour la société de gestion Fidelity Worldwide Investment, la méfiance reste de mise sur les perspectives de l'économie européenne en 2015. Malgré tout, le groupe garde quelques lueurs d'espoirs sur d'éventuelles bonnes surprises en Bourse cette année.

Le mois de janvier a été très positif en Bourse pour la plupart des grands indices européens. À titre d'exemple, le CAC40 s'est apprécié de plus de 9% depuis le début de l'année. En cause : le soutien de la BCE, ayant annoncé son plan très attendu de « quantitative easing » le 22 janvier. Qu'attendre désormais de l'évolution des actions européennes pour les mois à venir ? Fidelity exprimait son point de vue mardi 3 février à Paris.

Europe : une économie « à la traîne » mais 3 raisons d'espérer de bons résultats d'entreprises

Pour Paras Anand, directeur de la gestion Actions européennes chez Fidelity : « D'un point de vue macroéconomique, l'Europe s'avère relativement à la traîne. Malgré l'atténuation des risques systémiques, la région semble incapable d'assurer une reprise économique, même modeste ». Néanmoins, malgré cette prudence, le directeur des gestions entrevoit « trois facteurs qui pourraient autoriser une croissance surprise des bénéfices cette année » :

- 1ère raison : « la hausse continue des opérations financières des entreprises », en particulier les opérations de fusions et acquisitions entre concurrents, pourraient permettre de réduire certains coûts.

- 2ème raison : « la dépréciation persistante de l'euro et ses effets », l'euro faible étant un avantage pour les entreprises exportatrices comme cela est désormais régulièrement souligné.

- 3ème raison : « l'impact de la déflation ». Pour Paras Anand, à contre-courant des discours habituels, l'inflation nulle à négative en Europe aurait davantage d'effets positifs que négatifs. Les effets de la déflation « sont marginalement positifs pour la consommation et pour la rentabilité des entreprises » dont les coûts seraient également réduits, affirme-t-il. « Pour les secteurs à faible intensité capitalistique, cette évolution va se traduire par une meilleure rentabilité à terme ».

« La reprise en Europe, il ne faut pas trop y croire »

Le directeur de la gestion Actions européennes affirmait ainsi qu'« il est difficile d'envisager une évolution réellement positive pour la région d'un point de vue économique ou politique ». Toutefois, pour les raisons mentionnées précédemment, « les actions européennes pourraient réserver de bonnes surprises en 2015 » expliquait-il.

Victoire de Trogoff, gérante de portefeuille chez Fidelity, affirmait quant à elle que « la reprise en Europe, il ne faut pas trop y croire ». « Les effets se feront à la marge ». « On ne parle pas de fondamentaux qui s'améliorent nettement, plutôt d'un mini-cycle de reprise qui pourrait se produire à partir d'une situation actuellement détériorée ». À court terme, la méfiance reste palpable : en janvier, « le marché est monté pour de mauvaises raisons » affirmait-elle, les investisseurs surestimant peut-être l'impact que pourrait avoir le « QE » de la BCE sur l'économie réelle.

Actions en portefeuille

Dans ce contexte économique mitigé, Victoire de Trogoff expliquait néanmoins plusieurs des choix d'actions européennes actuellement détenues en portefeuille :

- Alstom (CAC40) serait désormais redevenue une entreprise attractive. « Après le deal avec General Electric, Alstom devient un pure player ferroviaire avec un bilan très solide ». « Si le deal est approuvé, la capitalisation d'Alstom sera constituée à 60% de cash ou quasi cash, qui sera utilisé pour des rachats d'actions » (sous-entendu : avec prime de rachat). Enfin : « la valorisation implicite de l'activité rail ne reflète pas encore les fondamentaux », affirme la gérante.

- Richemont (Suisse), dans le secteur du luxe, aurait été excessivement pénalisée en janvier avec le choc du franc suisse. Or, les fondamentaux de l'entreprise devraient lui permettre de conserver de bonnes performances.

- MTU Aero Engines (Allemagne), fabricant de pièces détachées pour moteurs d'avions, serait une valeur intéressante dans le domaine de l'industrie non-cyclique, c'est-à-dire dont les performances devraient rester régulières quelle que soit la conjoncture économique. L'action pourrait bénéficier de la baisse du pétrole, qui pourrait inciter les aviateurs à garder des appareils aux moteurs plus anciens, nécessitant davantage d'entretien. À noter que la valeur se porte particulièrement bien depuis la fin 2008, étant passée de 15¤ à 80¤ en un peu plus de 6 ans.

- TUI (Allemagne), dans l'industrie du tourisme, afficherait des perspectives de croissance forte sur la période 2014-2017 (entre 10% et 15% de croissance annuelle prévue sur le résultat d'exploitation). Or, ces attentes considérées comme fiables par la gérante n'auraient pas encore été suffisamment prises en compte par le marché.

- AP Moeller-Maersk (Danemark), conglomérat dans le domaine des transports, coterait injustement en-dessous de ses fonds propres alors que la consolidation du secteur des transports devrait tirer les bénéfices vers le haut.

D'autres actions sont également dans les portefeuilles d'actions européennes de Fidelity, parmi lesquelles Iliad (France), Continental (Allemagne), Linde (Allemagne) ou encore Heineken (Pays-Bas).

X. Bargue

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  • guerber3 le mercredi 4 fév 2015 à 18:54

    Le chômage en hausse et les salaires en baisse, les voyous de la finance se remplissent les poches de " Monopoly" et voudraient faire croire que le monde est beau pour tout le monde : c'est l' imposture planétaire...!

  • indyta le mercredi 4 fév 2015 à 18:35

    bahil y a longtemps que je n ai pas eu le moindre soupcon d une quelconquecroyance a une quelconque reprise en Zone Euro..si l usine du Monde est ailleurs....

  • q2lamrd le mercredi 4 fév 2015 à 17:08

    Pas tort : « La reprise en Europe, il ne faut pas trop y croire », mais pour les USA il devrait aligner le seul constat réaliste : « La reprise aux USA, on y avait cru ».En détournant l'attention des USA pour essayer de cacher leur problème et leur pratiquement stagnation, lorsque l'on creuse les chiffres, avec des indices complètement décorrélés des résultats à quelques exceptions près, il ferait mieux de préparer son opinion publique au QE4 qui ne saurait tarder...LOL

  • monjohn le mercredi 4 fév 2015 à 13:47

    Tout à fait d'accord. On regarde le même film.