La reprise de l'immobilier pourrait profiter à Obama

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La crise terrible qu'a traversée ce secteur depuis 2007 semble passée, expliquant un regain d'optimisme chez les Américains.

De notre correspondant à Washington

L'immobilier résidentiel n'est plus sinistré. Après six ans d'une crise sans précédent, où la valeur moyenne des logements a plongé de plus de 30%, le vent a enfin tourné. On est certes loin de retrouver les niveaux de prix ou d'activité de construction antérieurs à 2006. Mais l'optimisme revient.

«La question n'est plus de savoir si l'activité rebondit. Il est clair que nous avons touché le fond et que nous sommes en phase de reprise», juge Larry Sorsby, directeur financier de Hovnanian Enterprises, leader de la construction résidentielle aux États-Unis.

Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase, la plus grande banque des États-Unis, affirme que «le plus mauvais cap a été franchi». John Gerspach, directeur financier de Citigroup, banque rivale, est plus prudent: «Nous avons noté des signes de stabilisation du marché du logement, mais nous voudrions y voir plus clair sur les tendances de l'ensemble de l'économie avant de conclure que la reprise de l'immobilier est durable.»

Les prix grimpent à nouveau

Depuis le printemps, les indications encourageantes alimentent l'optimisme des professionnels. Les efforts sans précédent de la banque centrale des États-Unis pour faire baisser les taux de crédit à leurs plus bas niveaux historiques (3,4% pour un prêt à taux fixe sur 30 ans) entretiennent une reprise attendue depuis longtemps. En septembre, les mises en chantier de logements sont remontées au plus haut depuis juillet 2008. Les demandes de permis de construire ont bondi de 45% depuis un an. On n'avait pas vu cela depuis 1983.

L'indice du moral des entrepreneurs en bâtiments résidentiels progresse sans discontinuer depuis six mois. Le voici au plus haut depuis juin 2006, période du début de l'éclatement de la bulle. La baisse au plus bas depuis près de sept ans du stock de propriétés à vendre démontre aussi le réveil du marché.

Cet environnement favorise la hausse des prix de vente. Au mois d'août, les prix des logements vendus affichaient une hausse par rapport à l'année dernière dans 80 des 100 plus grandes villes des États-Unis. Même en Californie, dans le Nevada, l'Arizona et en Floride, États particulièrement frappés par l'effondrement du marché, les prix grimpent à nouveau.

Le recul du nombre de maisons saisies par les banques des mains de leurs propriétaires incapables de payer leurs mensualités est un autre signe encourageant. Pour autant, il reflète aussi une politique délibérée des banques de renégocier plus systématiquement avec leurs clients les termes de leurs prêts, plutôt que d'engager des procédures coûteuses d'éviction qui peuvent mettre plus de deux ans à aboutir.

Paradoxalement, Barack Obama ne parle guère de ces tendances, qui pourtant permettent de mieux comprendre la remontée du moral des Américains - au plus haut depuis le début de la récession. Le président sortant sait que le traumatisme causé par la dévalorisation sans précédent du patrimoine immobilier du fait de la crise rend le sujet très sensible. En 2009, certains avaient crié trop tôt que le marasme de l'immobilier était passé. La rechute des prix en 2010 avait découragé beaucoup d'électeurs et alimenté la vague de mécontentement qui a fait triompher les républicains lors des élections législatives.

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