La "reprise" de François Hollande à l'épreuve de la réalité

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FRANÇOIS HOLLANDE ÉBAUCHE SA VISION DE LA FRANCE DANS DIX ANS
FRANÇOIS HOLLANDE ÉBAUCHE SA VISION DE LA FRANCE DANS DIX ANS

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Frémissement, embellie temporaire ou relance durable, les propos de François Hollande sur la "reprise" de l'économie française se heurtent à un scepticisme que le président combat par un volontarisme qualifié de méthode Coué par ses adversaires.

Lors d'un dîner avec une centaine de journalistes jeudi soir à Paris, le chef de l'Etat s'est justifié sur ce terme utilisé lors de l'interview du 14-Juillet, qui a étonné certains économistes et fait bondir la droite.

A la question d'un journaliste allemand lui demandant s'il croyait en ce qu'il disait, le président a d'abord dit sa foi en une parole publique souvent décriée.

"Les responsables politiques croient à ce qu'ils disent, c'est une erreur de se dire qu'ils mentent" a-t-il souligné. "Ils peuvent se tromper, se mentir à eux-mêmes mais je crois à la sincérité de la parole politique."

Le président a laissé parler les chiffres, glissant au passage que son annonce, fin 2012, de la fin de la crise de la zone euro s'est révélée exacte.

"Les deux prochains trimestres seront à zéro ou légèrement au-dessus de zéro", a-t-il rappelé, ajoutant aussitôt : "La croissance ne reviendra cependant pas véritablement avant 2014".

Il a cité les élections allemandes, en septembre, comme facteur de soutien de la demande intérieure "qui n'auront d'effet qu'au début de 2014" de même que les mesures prises en France pour encourager l'investissement ou amplifier la baisse des taux d'intérêt pour les entreprises.

Si l'amélioration évoquée par le président a bien été constatée par les économistes, peu s'aventurent à parler de relance claire et nette.

NOYER PRUDENT

Le consensus Reuters du 11 juillet montre une accélération légère et progressive du PIB prévue sur les prochains trimestres par la vingtaine d'économistes interrogés.

D'autres indicateurs ou prévisions du PIB, de la Banque de France notamment, arrivent à la même conclusion.

D'où la prudence du président de la Banque de France, Christian Noyer. Prié de dire si le pays pourrait échapper à une récession cette année, il a répondu : "Ça n'est pas certain parce qu'on a commencé l'année avec un acquis négatif."

"Mais ça n'est pas important, ce qui est important c'est de voir le profil des trimestres, si les choses s'améliorent de trimestre en trimestre et si on finit l'année en croissance positive, ça c'est important", a-t-il ajouté.

La production industrielle a reculé de 0,4% en mai après une hausse de 2,2% en avril. La consommation des ménages a quant à elle augmenté de 0,5% en mai après une baisse équivalente le mois précédent. François Hollande avait justifié son optimisme par ces indicateurs de la santé de l'économie.

Après deux ans de hausse continue jusqu'à atteindre un chiffre record, le nombre de chômeurs s'est stabilisé en mai.

François Hollande croit toujours à l'inversion de la courbe à la fin de l'année, grâce à un regain de croissance prenant le relais des emplois aidés.

"Je pense qu'avec un peu moins de 2% de croissance, on peut stabiliser voire faire baisser le chômage, ça dépend comment on l'accompagne et quelle est la productivité de l'économie française", a-t-il expliqué. "Donc j'ai dit ce que je pensais devoir arriver et puis je prend mon risque. Nous verrons bien ce qu'il adviendra dans les prochains trimestres".

"MÉTHODE COUÉ"

Sa conclusion sur ce thème fut plus personnelle, sur le ton de la boutade : "Le fait que personne n'y croit est une chance : ou ça se passe et on aura surpris, ou ça ne se passe pas et je dirai 'vous avez eu raison'", a-t-il prédit face à une presse parfois très sceptique sur ses prédictions.

Des propos peu susceptibles de plaire à une droite déchaînée contre un président jugé trop confiant pour être sérieux.

"Vous la voyez, vous, la reprise ?", a ironisé l'ancien conseiller du président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

Pour Luc Chatel, vice-président de l'UMP, "on peut être optimiste. Mais être à ce point dans le déni et la méthode Coué de manière aussi béate, il y a un cap".

A ses yeux, la récente dégradation de note de la France par l'agence Fitch est la preuve de l'aveuglement présidentiel.

Malgré son volontarisme, François Hollande reste le président le plus impopulaire de la Ve république à ce stade de son mandat.

Alors que le délicat dossier des retraites rythmera la rentrée, à l'heure où les sifflets et huées de Français mécontents - pas seulement les opposants au "mariage pour tous" - commencent à polluer les bains de foule présidentiels, le chef de l'Etat a été interrogé sur le thème du doute.

"Personne n'est indifférent aux états de l'opinion. Ce n'est pas un but en soi mais en même temps, il n'y aura de rebond possible que s'il y a des résultats", a-t-il dit. "Le seul moyen de retrouver la confiance c'est de retrouver la croissance".

"Je ne suis pas indifférent, j'essaie d'être intelligent, ce qui est plus prétentieux encore".

Avec Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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  • knbskin le vendredi 19 juil 2013 à 20:05

    Nous avons un ectoplasme à la tête de l'Etat, qui finira dans l'Histoire entre Paul Deschanel et le Pétain gâteux de 1940. Aujourd'hui, l'Elysée, c'est Sigmaringen fin 1944 ...

  • knbskin le vendredi 19 juil 2013 à 20:02

    Je suis bien d'accord, nebraska, à part peut-être un petit noyau de gens honnêtes et pertinents, mais qui de fait ne peuvent pas s'exprimer, discipline de parti oblige. Je suis également convaincu que ça ne peut se terminer que violemment ... :(

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 20:02

    duf.our : PS (sans mauvais jeu de mots) n'oublie pas de changer de pseudo MDR

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 20:00

    duf.our :osera tu dire maintenant que tu es 1 chef d'entreprise ???

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:46

    duf.our : MDR ton pea a fait un bon de 45% ???? Dans tes reves non ? Va bosser pour la collectivité avec notre fric (comme d'hab.) petit fonctionnaire. Et tache d'etre à la hauteur du boulot pour lequel tu a été embauché, ce sera déjà 1 bon début dans ta carrière de cégétiste.

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:41

    duf.our fais surtout bien attention de ne pas te faire manger par un cochon........ils adorent les glands.

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:37

    duf.our : c'est bon on a compris que tu étais payé par le ps dégage maintenant pauvre naze et va continuer à planter tes radis STP et sod.om.iser tes chèvres.

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:35

    Par contre, il faudrait enfin se mettre dans la tete que pour gérer un pays comme la FRANCE, un salaire de 30 000€ est très faible. Personnellement, je serais tenté de dire qu'un salaire d'1 millions € annuel serait correct mais sans la retraite au bout de 5 ans. Avec le meme calcul que dans le privé en fin de compte serait honnète.

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:31

    Pour redresser et gérer la France, je pense qu'il ne faut plus compter sur des politiciens professionnels comme "nos" énarques, ou encore nos députés qui ont goutés à la fonctionnarisation.Les futurs dirigeants de la FRANCE ne doivent PAS etre des fonctionnaires. En tout cas c'est ce que je pense te je sais que je ne suis pas le seul.

  • nebraska le vendredi 19 juil 2013 à 19:28

    knbskin : Le plus malheureux dans tout ça c'est que les classes moyennes n'ont plus foi en nos politiciens. Etant chef d'entreprise, je discute tous les jours aussi bien avec mes confrères qu'avec mes fournisseurs (chefs d'entreprise), et beaucoup (1 majorité) pensent qu'il va falloir couper des tetes (au propre comme au figuré). Nous allons vers des années noires pour la France. Mais au bout du compte, en sortirons nous vainqueurs ?